Comme les paroles de cette chanson, ce film illustre un paradoxe, vouloir dénoncer avec cynisme une représentation capitaliste et matérialiste de l’amour tout en se présentant comme un produit attractif, qui a tout pour plaire, avec un casting 5 étoiles, des images léchées et élégantes et une réalisation qui peine à trouver son ton.
Une comédie romantique non assumée mais pas assez drôle et piquante pour être une satire, les acteurs ne semblent pas non plus trouver leur jeu, bien qu’il soit intéressant de les voir dans un film à contre emploi (sauf Dakota Johnson qui reproduit un peu trop à mon goût des gimmicks de Fifty Shades of Grey: “wahou cet homme m’impressionne par sa richesse et son superbe appartement que je regarde avec envie en me baladant en chemise culotte” “je le regarde dormir et je découvre des marques étranges sur son corps, il cache sans doute des fêlures, oh non il se réveille et se braque, je vais le rejoindre pataude dans la cuisine, toujours avec ses vêtements et en culotte”).
J’ai trouvé le discours sur l’amour maladroit, la parabole avec les premiers hommes quelque peu absurde, la métaphore sur les relations amoureuses comme des contrats entre deux produits avec une valeur marchande bien lourdingue, le dénouement de l’intrigue secondaire avec l’agression sexuelle à la limite du scandaleux
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(une “vieille fille” se fait agresser par un date ratée mais elle est tellement désespérée de finir seule qu’elle retourne sur le marché quelques jours plus tard après avoir été harcelée chez elle pas son agresseur ?!)
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Et le tout finalement plutôt froid, long et sans alchimie entre les acteurs, sans empathie particulière pour ces personnages même si le parcours du personnage principal vers une prise de conscience de ses contradictions et la distance qu’elle prend avec le monde trop matérialiste dans lequel elle évoluait est heureux et optimiste.