Matrix Resurrections est une véritable énigme, débutant à travers la destruction de la mythologie des Wachowski, il revient ensuite à une reproduction du script du premier opus de la saga. Voici comment j'ai perçu ce quatrième chapitre, il s'agit d'une réflexion méta sur la série qui interroge les spectateurs et les met en porte-à-faux concernant leur perception de l'œuvre culte des Wachowski. Ainsi Matrix Resurrections déconstruit son univers, le personnage messianique de Neo qui est ici réduit à un simple rouage du système tombé dans la dépression, Morpheus qui voit sa vraie nature mise en sommeil, Niobe qui est devenue blasée, Trinity qui est fondue dans la matrice, Smith qui n'est plus qu'un ersatz de ce qu'il était et l'Analyste qui est davantage un gestionnaire qu'un architecte. Seul le nouveau protagoniste du nom de Bugs est là pour dynamiter le système et permettre à Neo et à Trinity de retrouver leur identité originelle. Le message de ce quatrième volet est clair selon moi, le Bullet Time, les scènes d'action avec des câbles issues du cinéma asiatique n'étaient que de la poudre aux yeux destinée à appâter les spectateurs mais le cœur du récit vient de la relation entre Neo et Trinity qui de part leur amour sans faille arrivent à faire plier la matrice et à construire le futur selon leur bon vouloir. Bilan de Matrix Resurrections, il s'agit d'un film mal compris, il joue avec les codes de la saga pour mieux en déconstruire sa caricature de divertissement pop corn à grand spectacle et revenir à l'essence du discours des Wachowski depuis leurs débuts : ça n'est pas la dictature de la norme qui rend le monde meilleur mais plutôt la singularité des êtres qui le peuplent, tout simplement.