Cette petit blockbuster estampillé Apple a été tournée il y a deux ans et demi. Et il ne sort étrangement que maintenant sans même se voir gratifier d’une sortie en salles comme d’autres grosses productions de la plateforme telles que le vraiment pas terrible « Napoléon » de Ridley Scott ou le décevant « Argylle » de Matthew Vaughn. Et, souvent, ces retards de post-production et une absence de sortie salles ne sont pas bon signe pour la qualité du produit fini. Même la comédie romantique à gros budget « Fly me to the moon » avec Scarlett Johansson et Channing Tatum avait eu les honneurs d’une sortie en salles. Peut-être que les bides successifs de ces films en exploitation régulière ont refroidi la firme à la pomme. C’est cependant fort dommage car ce « Mayday » est une bonne surprise et on est tout de même étonné – en comparaison d’autres productions du même acabit - qu’il n’ait pas l’honneur d’une sortie plus prestigieuse au cinéma.
À la barre on est peu surprise de retrouver un duo de réalisateurs très efficaces. En effet, Jonathan Goldstein et John Francis Daley sont des réalisateurs de comédies plutôt réussies à la base, comme « Game Night » et « Vive les vacances! ». Ils ont surtout étonné leur monde avec la nouvelle adaptation de « Donjons et dragons » il y a trois ans. Un film d’aventures drôles et trépidant qui faisait oublier le piètre premier film et relançait un type d’heroic fantasy moribond avec panache malgré un petit échec en salles. Comme ici, on est en plein dans un buddy-movie entre comédie, action et espionnage, ils mettent donc naturellement leur savoir-faire dans l’humour, les péripéties trépidantes et leur sens indéniable du spectacle à profit. « Mayday » et son intrigue en pleine Guerre Froide nous ramènent à un type de film presque désuet dans son contexte et sa note d’intention mais qui remplit parfaitement son office de spectacle et de divertissement. Cela nous transporte à la grande époque des blockbusters 90’s mais avec les techniques et les desideratas narratifs d’aujourd’hui.
Alors bien sûr, on pourra rechigner au côté invraisemblable de cette histoire dans son ensemble mais aussi aux facilités narratives propres à aider l’intrigue et la progression des personnages dans une Russie bien trop sympathique pour être honnête. Cependant, cette histoire d’exfiltration est menée tambour battant et dépaysante au possible dans sa Russie enneigée des années 80. Et puis, il faut dire que la complicité entre les deux meilleurs ennemis représentés par Ryan Reynolds et Kenneth Branagh fait des étincelles. Le premier joue son rôle habituel sans surprise mais c’est le second qui épate à son âge en ex-agent du KGB fan des USA. Il est aussi drôle que crédible en vieux briscard musclé et combattif. Leur duo fait vraiment des étincelles et s’avère le noyau relationnel, humain et complice sur lequel repose le film, les autres rôles n’ayant aucun intérêt. Le rythme est aux petits oignons et certaines séquences d’action sont vraiment spectaculaires. On pense notamment aux scènes aériennes étourdissantes que ne renierait pas « Top Gun », justement cité souvent ici. Et le bouquet final à Moscou est également jubilatoire. « Mayday » c’est donc le parfait divertissement du samedi soir, généreux, facile (dans le bon sens du terme), drôle et spectaculaire.
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