Pour son deuxième long-métrage, Mathieu Turi reste dans l'horreur tout en évitant la redite et propose une histoire aux allures de remake de Cube tout en s'en éloignant sinueusement. Ne s'embarrassant pas d'un interminable prologue, le réalisateur français va droit au but et plonge notre héroïne (Gaia Weiss, Française principalement expatriée aux States) au cœur d'un récit aussi labyrinthique que le mystérieux endroit où elle se réveille.
La jolie blonde désormais vêtue d'une combi futuriste va tenter pendant presque tout le métrage de trouver un échappatoire à ces tubes mortels où pièges et anciennes figures lui barreront la route. Et c'est malheureusement là où Turi pêche le plus : parvenant à totalement gérer l'espace confiné (beaucoup mieux qu'un certain Alexandre Aja), variant les surprises quant auxdits pièges, il échoue cependant à rendre prenant voire dynamique le parcours de la dénommée Lisa, étirant le plus clair du temps ses séquences sans y insuffler le rythme nécessaire pour y perdre haleine.
Quasi-unique protagoniste du métrage, Weiss peine quant à elle à demeurer crédible lors des séquences badass quand elle réussit à être touchante durant les passages les plus dramatiques, bien plus nombreux que le film ne laissait paraître. En revanche, il est toujours intéressant de se pencher sur la forme qu'opte le cinéma de genre français contrairement à celui américain, généralement plus simple et mercantile. Plus proches du film d'auteur, nos produits se finissent communément en énigmatiques questions philosophiques, chose que reproduit fidèlement Méandre et qui pourrait en agacer certains.
Au final plus poétique qu'il n'y paraît, imparfait mais non dénué d'un savoir-faire évident et d'une certaine audace maquillée en un ouvrage vu et revu, Méandre arrive à sortir agréablement du lot des films du genre tout en en restant infiniment lié. Une épopée humaine pas aussi étouffante qu'espérée mais regorgeant toutefois de moments glaçants, saignants et indubitablement revigorants dans le paysage horrifique tricolore.