Dans le Brésil de Bolsonaro, le cinéma respire toujours et parvient à faire entendre une voix résistante et puissante et, comme dans Medusa, féministe. Le film de Anita Rocha da Silveira enchante dans ses premières minutes par son mélange très visuel de culture pop et de réalisme magique. Mais la promesse n'est pas vraiment tenue, au fil des minutes d'une intrigue plombée par un symbolisme qui se fait lourd, même si l'originalité de l'entreprise ne cesse d'étonner par son énergie et son absence de concessions. Néanmoins, le récit aurait certainement gagné à être plus resserré pour conserver son côté cinglant et son humour sans gêne qui s'en prend avec la force de la satire au patriarcat et au pouvoir grotesque de l'évangélisme, qui plus est quand il devient 2.0 (Ou comment apprendre à réaliser 10 selfies à la gloire de Dieu). Passer d'un univers à la Orange mécanique à des parties musicales kitsch, tout en rendant hommage à un certain cinéma de genre, tendance Carpenter et Argento, est excitant mais la cinéaste, quoique assurément très douée, s'emmêle un peu les pinceaux dans une trame narrative à la fois répétitive et inaboutie où manquent, en particulier de vrais portraits psychologiques de ses héroïnes, lesquels auraient aidé à comprendre davantage leurs motivations. A cela, s'ajoutent quelques pistes à peine ébauchées (la novice) voire carrément abandonnées. A noter quand même la qualité d'interprétation, féminine, cela va sans dire, puisque les hommes ne sont que périphériques dans Medusa, ce qui n'empêche pas leur toxicité.

Cinephile-doux
5
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Au fil(m) de 2022

Créée

le 20 mars 2022

Critique lue 286 fois

Cinephile-doux

Écrit par

Critique lue 286 fois

5

D'autres avis sur Medusa

Medusa

Medusa

9

Incal

13 critiques

Quand un grand cri de rage perce la nuit brésilienne !

Alors que les jeunes fans du Seigneur des Anneaux et d'Harry Potter vieillissent et apprennent à se servir d'une caméra, on assiste à l'émergence d'une nouvelle génération de cinéastes complètement...

le 2 août 2021

Medusa

Medusa

6

Moodeye

34 critiques

Rose mécanique

Musique : Night - John Carpenter Mariana et ses amies font partie d'un groupe catholique radical brésilien. Le jour, elles assistent à des meetings politico-religieux du prêtre de l'association,...

le 19 mars 2022

Medusa

Medusa

8

DoisJeLeVoir

990 critiques

Un conte envoutant à l'ambiance atypique

C’est une réalisation de la Brésilienne Anita Rocha da Silveira. Medusa a été présenté à la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes 2021. Medusa détonne du paysage cinématographique...

le 13 mars 2022

Du même critique

As Bestas

As Bestas

9

Cinephile-doux

8163 critiques

La Galice jusqu'à l'hallali

Et sinon, il en pense quoi, l'office de tourisme galicien de As Bestas, dont l'action se déroule dans un petit village dépeuplé où ont choisi de s'installer un couple de Français qui se sont...

le 28 mai 2022

France

France

8

Cinephile-doux

8163 critiques

Triste et célèbre

Il est quand même drôle qu'un grand nombre des spectateurs de France ne retient du film que sa satire au vitriol (hum) des journalistes télé élevés au rang de stars et des errements des chaînes...

le 25 août 2021

The Power of the Dog

The Power of the Dog

8

Cinephile-doux

8163 critiques

Du genre masculin

Enfin un nouveau film de Jane Campion, 12 ans après Bright Star ! La puissance et la subtilité de la réalisatrice néo-zélandaise ne se sont manifestement pas affadies avec Le pouvoir du chien, un...

le 25 sept. 2021