Deux acteurs ultra-charismatiques : Gabin ("Le Vieux") et Delon le jeune loup. Ce dernier n'a que vingt-huit ans et pourtant...Il dégage une beauté incroyable, une ambition débordante, l'assurance de celui qui sait qu'il sera la star du cinéma français les vingt prochaines années. Verneuil à la mise en scène, c'est la garantie d'avoir du bon cinéma populaire. C'est précis, rigoureux, carré. Audiard, lui, a mijoté des dialogues bourrés d'argot.
-Dans les situations critiques, quand on parle avec un calibre bien en pogne, personne ne conteste plus. Y a des statistiques là-dessus.
-Dans la vie, y'a pas d'drames, y'a qu'des fatalités.
Une telle équipe pour un tel film, ça ne se voit plus aujourd'hui. Ce n'est pas du passéisme de ma part. C'est la réalité.
Ce temps qui passe, Charles le ressent aussi à sa sortie de taule. Quand il retourne chez lui à Sarcelles et qu'il voit ces grands immeubles et même sa femme avec tout le confort moderne. On a beau être au début des années soixante, la France est en plein dans les Trente Glorieuses. Elle a continué à avancer et à avancer vite sans lui. On est en plein dans le cinéma de papa.
Alors, les préparatifs du casse, c'est vrai que c'est mené à un rythme très plan-plan et que Gabin se contente de gérer tout ça de loin en bon patriarche pendant que Delon se tape tout le travail. Un braquage de vingt minutes sans dialogues comme celui du Cercle Rouge de Melville. Tout ça pour quoi ? Bien mal acquis ne profite jamais.