- Je sais que ce film est considéré par beaucoup comme un chef-d'œuvre absolu, mais pour ma part, l'expérience a été plus laborieuse que transcendante. En lançant Memento, je m'attendais à un thriller psychologique haletant ; j'ai fini par avoir l'impression de passer un examen de logique particulièrement complexe pendant deux heures.
Ce qui m'a séduit
- L'audace est là, c'est indéniable. Utiliser le montage pour simuler l'amnésie antérograde du protagoniste est une idée forte qui force le spectateur à une attention de chaque instant. Guy Pearce est d'ailleurs excellent dans ce rôle d'homme-archive, perdu dans un présent perpétuel, tentant désespérément de donner un sens à sa vie à travers des gribouillis et des photos Polaroid.
Pourquoi j'en suis resté à la porte
- L'émotion sacrifiée : À trop vouloir jouer aux échecs avec son public, Nolan oublie de nous faire vibrer. Le destin de Leonard m'a laissé totalement de marbre car le film ne nous laisse jamais le temps de nous attacher à lui ; on est trop occupés à déchiffrer la chronologie pour ressentir sa douleur.
- Un exercice de style pesant : Une fois l'effet de surprise passé, le procédé devient une contrainte. Si l'on remettait l'intrigue dans l'ordre chronologique, on se rendrait compte qu'elle est finalement assez banale. Le montage n'est pas là pour servir l'histoire, il est l'histoire.
- Une froideur clinique : Tout est si millimétré que cela en devient artificiel. On sent trop la main du réalisateur qui déplace ses pions derrière la caméra, ce qui m'a empêché de m'immerger totalement dans l'ambiance noire du film.
En conclusion
- Memento est une magnifique machine, mais c'est une machine sans âme. C’est brillant sur le plan formel, mais terriblement aride sur le plan humain. On admire le mécanisme, mais on finit par se lasser d'un procédé qui tourne un peu en boucle. C'est un film que je respecte pour son intelligence, mais que je n'ai aucun plaisir à revoir.