Parmi les adaptations les plus marquantes d'Annie Ernaux figurent déjà Passion simple et surtout L'Événement d'Audrey Diwan. Mémoire de fille aurait pu les rejoindre au rayon des réussites incontestables, mais malgré une délicatesse évidente et un respect de l'œuvre littéraire, le long métrage de Judith Godrèche ne parvient que très rarement à s'élever au-dessus d'une certaine constante des films d'époque français, très concentrés sur les décors et les costumes, notamment, pour qu'aucun reproche ne soit possible sur la reconstitution d'un temps, l'été 58 en l'occurrence, plus lointain qu'il n'y paraît, y compris sur le caractère des mœurs ou des strates sociales. La voix off n'est pas continuelle, par bonheur, mais elle alourdit le propos, dans une mise en scène un peu rigide, certains diront sans doute empesée. Bref, cette adaptation trop sage et académique ne surprend presque jamais, ce qui n'empêche pas de saluer la belle performance de l'actrice principale, Tess Barthélémy, qui n'est autre que la fille de la réalisatrice. On comprend parfaitement ce qu'il se passe dans le corps et dans la tête de cette jeune fille de 17 ans et demi, confrontée à un premier amant qui dispose d'elle comme d'une proie de plus. En revanche, on n'est pas autant touché qu'on l'aurait souhaité, mais cela, bien entendu, dépend de la sensibilité de chacun.


Cinephile-doux
5
Écrit par

Créée

le 25 mai 2026

Critique lue 208 fois

Cinephile-doux

Écrit par

Critique lue 208 fois

1

D'autres avis sur Mémoire de fille

Mémoire de fille

Mémoire de fille

5

Iliod

le 16 juin 2026

Suivre

Il est préférable de ne pas avoir lu le roman

Il est toujours difficile de transposer un roman au cinéma.Certains réalisateurs y parviennent cependant, comme Jean-Jacques Annaud avec L’amant de Marguerite Duras ou François Ozon avec L’étranger...

Mémoire de fille

Mémoire de fille

5

FranG1909

le 28 mai 2026

Suivre

Un souvenir douloureux

Adaptation du livre d’Annie Ernaux portant le même nom, “Mémoire de fille” raconte le souvenir qu’à Annie Ernaux de son expérience à Rouen, sa ville d’enfance, à l’été 1958. La première partie du...

Du même critique

Anatomie d'une chute

Anatomie d'une chute

6

Cinephile-doux

le 28 mai 2023

Suivre

Procès d'intentions

Depuis quelques années, le cinéma français, et plus particulièrement ses réalisatrices, trustent les lauriers dans les plus grands festivals. Au tour de Justine Triet d'être palmée à Cannes avec...

France

France

8

Cinephile-doux

le 25 août 2021

Suivre

Triste et célèbre

Il est quand même drôle qu'un grand nombre des spectateurs de France ne retient du film que sa satire au vitriol (hum) des journalistes télé élevés au rang de stars et des errements des chaînes...

The Power of the Dog

The Power of the Dog

8

Cinephile-doux

le 25 sept. 2021

Suivre

Du genre masculin

Enfin un nouveau film de Jane Campion, 12 ans après Bright Star ! La puissance et la subtilité de la réalisatrice néo-zélandaise ne se sont manifestement pas affadies avec Le pouvoir du chien, un...