Vu deux fois dans l'adolescence, impossible de me rappeller quand exactement. Après tant d'années, on se demande ce qu'il va en rester. va-t-on, au moins, aimer toujours?
Concernant Men in Black, oui. Pas autant, mais oui quand même.
Pas autant, c'est une partie de l'enfance qui s'en va. Les étoiles du film ne sont plus dans les yeux, on est plus analytique, on absorbe moins.
Il y a, pourtant, des films pour lequel ce plaisir de l'enfance reste intact. Pourquoi pas Men in Black, en ce qui me concerne?
Bonne question.
Voyons déjà ce qui fonctionne toujours : le kitsch fonctionne, car il est assumé dès la première scène, où une libellule suit une route dans la nuit américaine, sur la musique de Danny Elfman. Outre que l'on est amené à accepter d'emblée le côté kitsch, cette ouverture, montrant l'insecte auréolé de la lune sur fond d'étoiles, a le mérite d'introduire ce que l'on va voir dans le film. Quant à la chute de la séquence, elle enclenche ce qui sera l'humour récurrent du film.
Ce qui fait de tout ceci une très bonne ouverture.
le duo entre Will Smith, dont on s'accordera sans doute à trouver qu'il n'est pas le meilleur acteur du monde, et Tommy Lee Jones, le premier irrévérencieux et "chien fou", et le deuxième imperturbable et pince-sans-rire, fonctionne très bien.
La manière dont le film orchestre ses révélations est également bien vue.
Mais....
On regrettera que la volonté du film de toujours faire le malin en fasse un objet un peu superficiel. Si on prend l'excellent Starship troopers, sorti la même année, le constat est sans appel, on ne joue pas dans la même cour. Il est vrai que Men in Black a, sur ce dernier, l'avantage d'être un film familial. Ce qui est loin d'être négligeable. On pourrait alors le mettre sur le même plan que Le Cinquième élément, lui aussi sorti la même année.
Et là, en ce qui me concerne, il n'y a pas photo : Men in Black c'est largement mieux!