Mickael (le BG "fils de" Paul Kirsher) et Daniel (Idir Azougli) sont deux supers potes de galère, jeunes précaires qui taffent au BK, squattent un taudis, et se défoncent à la bière et au pétards tout en rêvant de partir ailleurs. Après un épique et très drôle vol de chat lors d'une soirée de défonce au volant, ils sont mis à l'épreuve par la justice: plus de permis, désintox et insertion par le travail. Ils vont alors se faire embaucher par leur pote Tony (l'excellent Salif Cissé), qui dirige une petite boite qui sous traite dans les centre de "traitement" des déchets nucléaires de la Haute Marne. Mais alors que Mickael arrive à décrocher, Daniel s'avère vraiment alcoolique ce qui va troubler fortement leur amitié.
Le film démarre sur les chapeaux de roue avec une enfilade de scènes comiques puis tourne petit à petit vers le drame et la dénonciation appuyée (et juste) de l'industrie nucléaire. Dans la description d'une amitié forte mais parfois toxique, on pense à l'excellent "Chien de la casse" mais ici, la psychologie des personnages n'est pas autant poussé pour qu'on comprenne bien le déséquilibre et le pourquoi de l'ascendance ou de la fascination de l'un sur l'autre. Peut-être le choix de Paul Kirsher qui joue très bien mais qui ne peut pas se débarrasser de sa p'tite gueule de bourge parisien. On regrettera également l'absence totale de personnage féminin, qu'on ne peut s'empêcher de mettre en parallèle au sort qui est réservé à Claude Le Pape, coscénariste et selon certaines interviews co-réalisatrice de ce film mais aussi du précédent "petit paysan" mais rarement créditée comme tel.
Sur la question du nucléaire, même si certains dialogues sont poussifs et didactiques, il est appréciable et important de voir une dénonciation de cette industrie qui met en danger la planète avec ses déchets pour des milliers d'année, tout en pourrissant un territoire qui n'avait pas besoin de ça
Au final , malgré ses défauts le film reste une très belle et sensible histoire d'amitié entre deux jeunes hommes avec une dimension politique salutaire