Sous un ciel de plomb, dans cette France péri-urbaine qu’on appelle la diagonale du vide, Hubert Charuel filme des amis qui n’ont ni chance ni codes. Tony a réussi, Mika et Dan restent au bord de tout. Après un vol de chat aussi improbable que désespéré, les voilà contraints de travailler pour leur copain dans une usine nucléaire. Le film démarre comme une comédie nerveuse, portée par l’énergie burlesque de ses personnages. Mais très vite, l’étau se resserre et la réalité les rattrape.
Ce qui fait la force de Météors, c’est son regard sans fard sur ceux qui n’ont pas les bons outils pour s’en sortir. Hubert Charuel ne juge pas, il observe. Il filme la manière dont les rêves s’étouffent, dont l’humour devient une ultime défense avant de céder. Idir Azougli, en Dan incapable de se tenir tranquille, et Paul Kircher, en Mika qui encaisse jusqu’à la limite, offrent deux interprétations remarquables. L’amitié qui les lie, puissante et presque sensuelle, devient le seul rempart face à un système qui les broie doucement.
La construction du film accuse quelques longueurs et sa conclusion manque d’audace. Mais l’ensemble reste d’une justesse rare. Météors parle de ceux qui bossent, qui zonent, qui sombrent quand même, et qui n’ont que leur lien pour ne pas disparaître. Un cinéma vérité qui prend aux tripes, servi par deux acteurs bouleversants.