C’est incroyable d’apprendre que la superproduction mythique « Metropolis » fut un échec critique et commercial à sa sortie, peut-être était-elle trop avant-gardiste. En tout cas, moi qui la visionne 93 ans après son exploitation, je ne lui trouve que des superlatifs pour la décrire, exceptionnel, fascinant, grandiose, inspirant.
L’histoire raconte une lutte des classes dans une cité futuriste et idyllique où le confort des puissants dépend d’une prodigieuse machinerie entretenue par le sang et la sueur du peuple ouvrier. Le genre s’inscrit complètement dans la science-fiction, dans un courant expressionniste. L’intrigue fonctionne parfaitement, le rythme est cohérent et entrainant, malgré les caprices du temps qui a altéré la bobine de base, en l'amputant puis en y réintroduisant certaines séquences.
Ce que j’ai le plus apprécié dans ce chef d’œuvre, ce sont tous les éléments fantastiques, dont le robot, surtout sous sa forme humaine. Certains acteurs sont simplement exceptionnels. La prestation de Brigitte Helm en Robot-Maria est géniale et très étonnante, elle fait même un peu flipper lorsqu’elle commence à se détraquer, en revanche elle est exaspérante en Maria persécutée, car elle en fait des tonnes et cette manière d'interprète est aujourd'hui affreusement dépassée. Les autres rôles sont aussi agréables à regarder, lorsqu’ils ne sont pas eux aussi dans une exagération grotesque, comme souvent, Freder, le fils du maitre de la cité.
Les effets spéciaux, inédits à l’époque, les décors et l’ambiance sont les trois aspects les plus réussis de l’œuvre, même si on devinera parfois les maquettes en cartons de la cité. L’originalité, l’inspiration et la créativité visuelle de ce spectacle sont remarquables. Je comprends pourquoi le film a inspiré tant d’autres œuvres par la suite, c’est tout bonnement une banque d’idées incroyables.
J’ai adoré ce film.