Je me suis dit: "Metropolis, c'est le film classique dont tout le monde parle. Il faut le voir."
Sauf que, ayant réussi à me le procurer, j'étais septique, il est long (pas tant que ça en fait) et je ne trouvais pas la motivation pour.Nécessitant toujours le temps propice pour un huit millimètre, avec le bon état d'esprit.
Enfin comme tous les films classiques, tu n'entends que les louanges de ceux-ci. Grandes stars, grands réalisateurs, grands moyens (studios, machineries, effets…), etc.
Me retrouvant donc, la fleur au fusil, allant visionner les images du film de Fritz Lang avec mon petit bagage d'ignorant.
Mais quand tu enclenches tout de même la machine, avec ce sentiment d'isolation totale qui t'envahit.
CLAC ! les premiers coups de semonces musicales se font entendre. Au loin dans la brume de la pellicule se désigne les corps. Ce sont ceux des lettres du générique. Leur parade se marie délibérément avec les sons particuliers du film muet et de son orchestre.
Puis les engrenages tournent, s'activent, et font émerger, depuis la brume qui se lève, l'immensité grandiose et subjuguante qu'est l'œuvre.
VLAN! Tu prends inévitablement ta claque. Et c'est à ce moment précis, cet infime instant, tu comprends le sens, à la fois, du classicisme de la composition de Fritz Lang, mais aussi celui de "cinéma Classique".
Finalement, tu sors de ce chef d’œuvre, arraché malgré toi à l'attache temporelle, la bulle qu'avait formée le film autour de ton être. Toutefois tu reviens parmi les vivants, et te vois récompensé du grade. Lequel ? Celui de l'origine, car Fritz Lang est bien le point de départ de réflexions sur la robotique, sur la construction architecturale de son œuvre (au sens littéraire et figuré), base de la musique de la plupart des films d'aujourd'hui et d'hier, et inévitablement sur ses mouvements créateurs de caméra.
Es ist alles.
Viel Danke Mr.Lang.