Nightmare rappelle, par son intrigue, la nouvelle « Le bonheur dans le crime » de Jules Barbey d’Aurevilly publiée dans Les Diaboliques (1874) : soit les machinations conçues par deux amants pour mettre la main sur la fortune d’une femme en la vampirisant non par des soins malsains – quoique Grace Maddox soit infirmière – mais par des visions cauchemardesques réactualisant le traumatisme vécu enfant par la victime. La théâtralité des retournements de situation et de la direction d’acteurs apporte à l’ensemble un aspect théâtre d’ombres, intégré au noir et blanc. La magnifique photographie de John Wilcox sublime la mise en scène déjà très visuelle de Freddie Francis, toute en mouvements et effets de lumière – n’oublions pas que le cinéaste est avant tout un chef opérateur de talent, oscarisé quelques années plus tôt –, qui propose des séquences de tension retenues proche du geste artistique de Robert Wise dans The Haunting (1963), sorti un an auparavant. Une très belle réussite intégrée au répertoire du studio britannique de la Hammer.