Énorme condensé de n'importe quoi avec Alec Baldwin gangster sociopathe notoire fraîchement débarqué à Miami occupé à voler / tuer tout ce qui bouge sans véritable raison autre que l'accumulation de richesse. Dans une veine néo-noir déviante, George Armitage trace le décors avec la ville de Miami dans laquelle il injecte une poignée de personnages et c'est parti pour une ambiance complètement délurée, bizarre, insaisissable, violente, grotesque, mais penchant plutôt du côté de la facilité de visionnage. C'est en termes scénaristiques très simple : le fou Alec Baldwin rencontre la prostituée Jennifer Jason Leigh, vole le badge du flic Fred Ward, et s'en sert pour usurper l'identité d'un flic et pour mieux voler les voleurs en semi-Robin des bois — semi au sens où il ne restitue rien aux victimes. Un film au rythme complètement foutraque, alternant entre des séquences d'action dans les rues de Miami (des braquages et vols à la pelle), des séquences pseudo-matrimoniales dans la chambre d'hôtel où il vit avec Leigh (distillant une misogynie très fin de siècle pas tout à fait claire, un peu bête, romantique, vaguement soumise, etc.), et un fil rouge narratif un peu vague autour de l'enquête policière de la part du flic volé et agressé et de son collègue (Charles Napier). Un polar très original par l'ambiance qui y règne, gangrénée par la folie états-unienne du Miami des années 80/90, à la fois très bourrin dans ses manifestations de violence et de sexe, mettant en avant un protagoniste vraiment grand abruti et un flc à l'improbable dentier régulièrement exhibé... Régulièrement étrange, sanglant, insolite, l'argument principal de "Miami Blues" tient essentiellement au fait qu'il est très difficile de prédire où l'action va mener ni dans quelle histoire on s'embarque.