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Hee-hee !
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le 28 avr. 2026
Il est assez étonnant que Hollywood ait attendu aussi longtemps, dix-sept années en l'occurrence, avant de porter à l'écran Michael Jackson en mode biopic.
L'industrie avait néanmoins déjà investi la queue de comète de la mort de l'icône, en exploitant le maxi documentaire Michael Jackson's This Is It, construit par Kenny Ortega autour de ses derniers instants et les cendres des coulisses de sa tournée avortée.
Le tir de barrage critique essuyé par Michael aura au moins un mérite : celui de poser la question de ce que l'on attend aujourd'hui du genre biopic musical.
Franchement, qui croyait sérieusement que Michael allait égratigner la statue du commandeur ? Vraiment ?
Car tout le tintamarre orchestré sur la volonté de traiter les accusations de pédophilie concernant sa figure de proue fait preuve, au choix :
‒ de l'incompétence insondable d'une armée d'avocats et de spécialistes en gestion de l'image, qui auraient inexplicablement oublié un accord passé avec la plus célèbre de ses victimes déclarées, Jordan Chandler, interdisant tout simplement d'évoquer l'affaire sans qu'il n'ait eu son mot à dire ;
‒ du plus parfait cynisme, en mode c'est pas de ma faute, je voulais le faire, mais finalement j'en ai été empêché, des plus pratiques.
D'autant plus que l'ensemble de la famille Jackson et son manager produisent l'entreprise de longue date. Mmmhhh...
Qu'attend-on du cinéma biopic aujourd'hui est bien la question qui se pose, dès lors que depuis plus de quinze ans, à vue de nez, la quasi-totalité de la production est lisse et semble contenter le public. Il n'y a qu'à se souvenir du véritable schisme entre la critique pro et l'avis de Monsieur Tout-le-monde face à Bohemian Rhapsody et les dollars engrangés par millions.
Un succès qui semble porté par la vague nostalgique de notre culture contemporaine s'inscrivant dans une fuite en avant et un regard dans le rétro pour célébrer les doudous culturels perdus et nos coups de cœur de jeunesse.
Michael s'inscrit ainsi dans cette tendance, en mettant un franc dans le juke box pour faire tourner la compilation de l'accession au statut d'icône pop qui a mélangé les genres.
Imparable et formidable. Pas difficile me direz-vous.
Pour rejouer l'enfance de l'art, les difficultés, les traumas, donner du corps aux figures incontournables de la carrière de l'artiste et célébrer l'empreinte laissée sur la culture musicale.
Habituel et confortable.
C'est le double mouvement qui irrigue Michael, comme tant d'autres biopics modernes avant lui. L'incarnation du roi de la pop par son neveu est époustouflante, c'est un fait, tant le mimétisme est palpable. Sa non confrontation avec Joseph, véritable ordure de l'entreprise, qui fait dire que l'excellence est avant tout affaire de tyrannie, est plutôt bien traitée.
Mais ce sera bien sûr, en guise de fil rouge, l'histoire de Peter Pan dans laquelle Bambi trouve une échappatoire, lui dont l'enfance a été abîmée et volée. Et c'est en creux que le trouble naît : celui de l'adulte dans une chambre d'enfant et entouré d'animaux, comme s'il ne voulait pas sortir de ses livres qui les célèbrent ou de sa visite au zoo.
Michael est joli, mais très lisse et consensuel, c'est un fait. Michael se vit sans déplaisir, au son de sa mégastar, mais l'on se demande si Antoine Fuqua est vraiment derrière la caméra. Et qu'en vue de la dernière ligne droite, le film semble se perdre, réalisant sans doute qu'il ne se hissera jamais à la hauteur de sa star.
Quant aux accusations de pédophilie absentes de l'oeuvre, dès lors que les premières sont intervenues en 1992/1993, elles ne priveront cependant pas les nombreux petits juges et minuscules apôtres de la transparence fourmillant sur les réseaux sociaux de quand même déverser leur fiel. Comme si, franchement, il était de coutume qu'un biopic made in Hollywood crache sur les vedettes qu'il met en scène...
Il y a pourtant de quoi se repaître ailleurs, dans le genre crapoteux et obscène, avec, entre autres, Leaving Neverland.
Michael aura au moins ce mérite : souligner les contradictions de ce que l'on peut attendre d'un biopic.
Behind_Mais qui a tué Bambi ?_the Mask.
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