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le 5 févr. 2018
SuivreParanoïa !!!
A Détroit, un acteur de stand-up a beaucoup de succès avec les femmes et est accroc au jeu. Le problème, c'est que les femmes et le jeu ça coûte un sacré paquet de pognon. Et puis comme la Mafia...
Il y a des films dans lesquels il faut savoir lâcher prise. Sentir que toutes les clés liées à la narration pure ne nous seront pas données et qu'il serait sans doute vain de tenter de mettre de l'ordre dans cette fragmentation. Ou du moins sentir qu'il sera impossible de retrouver une chronologie agréablement linéaire et sans zone d'ombre : de cet inconfort narratif caractéristique de Mickey One peut naître quelque chose d'aussi dérangeant qu'intéressant.
Sans doute que l'influence totalement anachronique de Bonnie and Clyde, seconde collaboration entre Arthur Penn et Warren Beatty, contribue à fausser les pistes. L'un est parfaitement intelligible quand l'autre entretient un côté obscur, l'un fut un succès retentissant et annonciateur du Nouvel Hollywood quand l'autre constitua un dur revers après deux réussites pour Penn (Le Gaucher et Miracle en Alabama). Mickey One est construit autour d'une intrigue dont on ne connaîtra jamais tous les éléments : est-ce une peur paranoïaque ou bien le résultat d'une véritable traque organisée par la mafia qui agite tant le protagoniste ? Dans sa fuite à Chicago, dans sa tentative de construire une nouvelle vie loin de Detroit, Warren Beatty donne corps à un objet hybride entre le polar jazzy et le film noir typiquement américain, sous influence de la Nouvelle Vague française. Un objet multiple, faussant les pistes, qui rappelle en ce sens La Poursuite Impitoyable, du même réalisateur.
L'enveloppe visuelle (magnifique noir et blanc captant les recoins de la ville, des allées sombres et vaseuses aux intérieurs feutrés des cabarets) et sonore (avec son saxophone omniprésent) du film colore la peur du protagoniste, la vraie force motrice du film, de manière singulière. Sa fébrilité est palpable, tout comme ses tentatives d'y faire face. Si la menace atomique semble être à l'origine du film, d'après les intentions d'Arthur Penn qui eut carte blanche, on peut y voir le résultats de beaucoup d'autres préoccupations dans les États-Unis des années 60.
Une intrigue aussi étrange que parcellaire, un Warren Beatty totalement en phase avec le thème (ses répliques comme "I'm guilty of not being innocent" ou encore "I'm the king of silent movies hiding out till the talkies blow over" en font un personnage très particulier), et des ambiances vraiment originales (les casses, le personnage japonais récurrent, les rues sombres et incertaines, etc.) : autant de choses à savourer à condition de renoncer à tout élucider.
http://www.je-mattarde.com/index.php?post/Mickey-One-d-Arthur-Penn-1965
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les films en Noir & Blanc par choix esthétique, Top films 1965, Pépites méconnues - Films, Réalisateurs de choix - Arthur Penn et Cinéphilie obsessionnelle — 2017
Créée
le 15 janv. 2018
Critique lue 515 fois
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le 5 févr. 2018
SuivreA Détroit, un acteur de stand-up a beaucoup de succès avec les femmes et est accroc au jeu. Le problème, c'est que les femmes et le jeu ça coûte un sacré paquet de pognon. Et puis comme la Mafia...
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le 15 janv. 2018
SuivreIl y a des films dans lesquels il faut savoir lâcher prise. Sentir que toutes les clés liées à la narration pure ne nous seront pas données et qu'il serait sans doute vain de tenter de mettre de...
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le 16 févr. 2014
SuivreArthur Penn était un réalisateur très intéressant, à la fois influencé par la présidence Kennedy et par la Nouvelle Vague. Ce film-là porte les traces d'une sensibilité européenne, on remarque...
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le 20 juil. 2014
SuivreCeci n'est pas vraiment une critique, mais je n'ai pas trouvé le bouton "Écrire la chronique d'une désillusion" sur SC. Une question me hante depuis que les lumières se sont rallumées. Comment...
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le 10 janv. 2015
Suivre"Birdman", le film sur cet acteur en pleine rédemption à Broadway, des années après la gloire du super-héros qu'il incarnait, n'est pas si mal. Il ose, il expérimente, il questionne, pas toujours...
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le 8 mars 2014
Suivrele 18 mars 2014
Her est un film américain réalisé par Spike Jonze, sorti aux États-Unis en 2013 et prévu en France pour le 19 mars 2014. Plutôt que de définir cette œuvre comme une "comédie de science-fiction", je...
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