Microhabitat
7.2
Microhabitat

Film de Jeon Go-Woon (2018)

J'aurions mis le temps mais j'aura enfin vu le film ! \o/


Indubitablement dans le top du cinéma coréen qui, ces dernières années, est décidément plus vivace et inspiré que son cousin drama coréen ...


Alors d'abord => ESOM ! ♥♥♥♥♥ (♥_♥)


Ensuite => c'est fou ce que ce film n'est pas ce qu'il semble être. J'ai vu des retours et ... bha désolé mais j'ai pas vu ce que vous avez vu et j'ai vu quelque chose que personne n'a vu.


L'autre jour je me disais "mais au fait c'est quoi une comédie dramatique ?" en créant la fiche du film "My Little Brother" (très sympa aussi, avec Esom aussi). Bha ce film c'est une claque qui m'a recalqué la définition dans la gueule.


Le point de départ fait rire: une gonzesse, franchement loser sur les bords, décide d'arrêter de payer un loyer parce que le prix de ses deux seuls plaisirs (fumer et boire) augmente de façon drastique. Et en plus son budget comprend aussi une médication pour soigner une maladie (laquelle ? On saura jamais et on s'en cogne) qui lui blanchit les cheveux (et c'est pour ça qu'elle a une mèche blanche sur les photos). Alors pour avoir un toit sur la tête elle va aller taper l'incruste chez ses anciens potes de jeunesse, tous membres d'un groupe de musique.


Ok, l'intro, c'est "viens chez moi j'habite chez une copine".


Et c'est là que la partie comédie s'arrête et que le drame commence.


Le film est un peu construit comme un road movie à l'envers, un voyage de retour dans sa jeunesse. Et ça va donc être un défilé d'images ... qui font mal à la gueule.


C'est pas un mystère mais ce que tu es adolescent/adulescent et ce que tu es "adulte" (dans le monde des adultes on va dire, parce que le personnage d'Esom c'est l'incarnation de l'ado qui ne tourne pas le dos à ce qu'il est) sont deux choses distinctes. Et si Esom à un personnage qui a une vie de merde (ses deux seuls plaisirs sont ses clopes et son verre de sky ... c'est quand même peu pour traverser la vie) elle va se rendre compte (et nous avec) que ses anciens potes ... bien intégrés dans le monde des adultes ... ont de sacrées vie de merde dénuées de plaisir.


Faut pas spoiler (sinon c'est pas drôle) mais tout le monde à tourné le dos à ce qu'il était, personne n'est plus ce qu'il était, les liens très forts ont subi le passage du temps et de la réalité du monde des adultes. Et Esom va se rendre compte que si elle ne paiera pas de loyer pour préserver ses loisirs elle va devoir payer un autre prix pour garder son mode de vie.


Là où donc je diffère des avis que j'ai vu c'est que ce film illustre une réalité de la vie: tu travailles pour te payer des loisirs dont tu n'as pas le temps de profiter, tu ne travailles pas pour avoir le temps de profiter de loisirs que je tu ne peux pas te payer. Dans tous les cas, t'es baisé.


C'est un parti pris narratif extrêmement bittersweet (vraiment, c'est drôle mais vraiment c'est aussi très blasé) sur la vacuité de la vie et son absence de sens: plus tu grandis, moins t'es heureux. Pour continuer à avoir du plaisir comme dans ta jeunesse, faut être seul parce que tu ne rentres pas dans le moule/il n'y a pas de place pour toi.


L'épilogue est très réussi (GG le coup des cheveux, c'était simple mais bien trouvé (^_^) ): au final, la vie c'est de la merde, jusqu'à quel point tu as envie/tu es capable de t'offrir un moment de bonheur pour tenir le coup jusqu'à la fin.


Au final le personnage d'Esom c'est un loser avec une vie vraiment vide aux yeux d'un monde qui a une vie morne (voire mort-né), un personnage qui s'accroche au peu de plaisir qu'elle a dans un monde complètement éteint. Monde auquel ce petit personnage est encore capable d'offrir un sourire réconfortant.


Dur de dire qui est le plus à plaindre ...

helldraco
9
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Créée

le 5 oct. 2020

Critique lue 283 fois

helldraco

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