Midsommar sortie en 2019 est le deuxième film écrit et réalisé par Ari Aster. Le réalisateur persiste sur la voie qu’il a choisit depuis la réalisation de son premier court métrage The Strange Thing About the Johnsons (2011) où il est question d’une relation incestueuse entre un fils et son père. Plus qu’un cinéma d’horreur et d’épouvante, Ari Aster suscite le malaise. Tout comme dans Hereditary (2018), le film nous plonge dans les méandres d’une secte et explore les recoins des relations sociales.
Midsommar raconte l’histoire de Dani (Florence Pugh), étudiante en physiologie qui voit sa vie basculer un soir où sa soeur bipolaire se suicide au monoxyde de carbone et emmène ses parents avec elle. Christian (Jack Reynor) son petit ami est tiraillé entre ses problèmes de couple, ses études et ses amis. Ce dernier événement subit par Dani le pousse à être davantage présent pour elle. Ainsi Dani s’immisce dans un voyage que Christian a prévu avec ses amis pour la Suède. Tous sont étudiants en psychologie et ce voyage amené par Pelle (Vilhelm Blomgren) est l’occasion pour Josh (William Jackson Harper) d’écrire sa thèse, étant donné que Pelle fait partie d’une grande famille aux pratiques sectaires.
À l’arrivée à l’endroit indiqué par Pelle, rien ne présume la tournure future des événements. Tout est plutôt fleur bleu (multicolore plutôt), les membres de cette famille sont gentils, tout est convivial, les gens s’amusent, rient et offrent même au petit groupe d’étudiant des champignons hallucinogènes. Ce voyage anthropologique nous permet d’en apprendre un peu plus sur cette secte très organisée qui congratule la nature. Le suicide des deux membres de la secte constitue le point de non retour. Après cet événement les étudiants vont tous disparaître un par un, schéma typique des films d’horreurs.
Et il n’en restera qu’un, la seule personne ayant besoin d’une nouvelle famille, Dani.
Même si la structure du film reste très conventionnelle et respecte chaque règle du cinéma d’horreur, Aster donne un esthétique particulier à son film qui le rend particulier. Le sanglant est bien présent, des corps mutilés, des images de violence, répondent aux exigences fondamentales du genre. Mais c’est l’horreur morale qui l’emporte sur le reste. La science et la raison des étudiants sont totalement réduites à néant. C’est aussi le choc des cultures qui est mit en avant. Notamment avec le personnage de Mark (Will Poulter) qui ne sait pas marché dans l’herbe (étrange) ou qui bafoue un lieux sacré. Ce second film explore aussi les relations sociales, tout comme Hereditary qui explorait la relation parental, Midsommar tend plus à entrevoir la relation de couple, « amoureuse ».
En somme, Ari Aster livre un film léger sur un sujet précis. Il n’entre pas dans les détails, il reste vague et c’est ce qui donne le charme à ce film. Même si le film reste prévisible la mise en scène des situations et l’esthétique des images rend la chose nouvelle.