Milagro est le deuxième film réalisé par Robert Redford, huit ans après Des gens comme les autres. Et c'est d'ailleurs sa seule comédie, sur fond de drame social. En l'occurrence des gens du Nouveau-Mexique, qui apprennent qu'un parc de loisirs va être implanté prochainement. Au départ ils pensent que cela va créer des emplois, qu'il vont en bénéficier ainsi que l'ensemble du village, mais on apprend assez vite qu'il y a des magouilles et que ce sont des raisons essentiellement économiques, et qu'il faut dégager les bouseux. Du coup, mené par le shérif Montoya, joué par Ruben Blades, il vont s'opposer à la construction.


Les films réalisés par Robert Redford parlent tous de l'Amérique d'une façon ou d'une autre, et Milagro, le miracle en espagnol, questionne la place des petites gens face à la puissance de multinationales, qui veulent tout bouffer sur leur passage. Les passages dit comiques sont sur la représentation du village, un trou perdu, où le bar semble être la seule distraction du coin, et où on ne peut pas dire que le shérif soit très efficace ; au lieu de colmater une fuite d'eau issue d'un arrosoir, ou juste couper l'arrivée d'eau, il va décider de ne rien faire, par paresse. Ou alors donner de la bière au cochon, ce qui est tendance. Tout cela sous les consternations de sa femme qui aimerait bien que son mari se bouge un peu. Milagro est ainsi le portrait d'un homme qui va devoir se bouger pour exister aux yeux des autres, une sorte de remake inversé d'Alexandre le bienheureux.


L'autre force du casting est de ne proposer quasiment que des inconnus, à l'époque, comme Sonia Braga, Richard Bradford, Julie Carmen, et les deux seuls stars du film, Christopher Walken et Melanie Griffith, ont un temps de présence réduit, comme pour ajouter une valeur commerciale au film. Car il faut dire que, commercialement, Milagro n'a pas grand chose pour lui, et c'est également en partie la raison de son échec en salles. D'ailleurs, j'ai l'impression qu'il est peu cité quand on parle de Robert Redford : ce qui est dommage d'ailleurs, car on peut lui reconnaitre le fait qu'il ne soit guère allé à la facilité pour proposer des sujets peu évidents. Ici, les multinationales qui détruisent le monde rural, dans des extérieurs très bien filmés, et la fin laisse éclater une grande joie.


Assurément, Milagro est un film à redécouvrir.

Boubakar
7
Écrit par

Créée

le 22 janv. 2021

Critique lue 396 fois

Boubakar

Écrit par

Critique lue 396 fois

3

D'autres avis sur Milagro

Milagro

Milagro

6

Torpenn

le 13 mai 2013

Suivre

Film de fayot

Il faut à un moment se rendre à l’évidence, Redford réalisateur, ce n’est jamais un gage de grande finesse, ce serait plutôt le contraire, un sujet lourdingue asséné à coups de massue par un premier...

Milagro

Milagro

7

Boubakar

le 22 janv. 2021

Suivre

Non au grand capital !

Milagro est le deuxième film réalisé par Robert Redford, huit ans après Des gens comme les autres. Et c'est d'ailleurs sa seule comédie, sur fond de drame social. En l'occurrence des gens du...

Milagro

Milagro

9

doc_ki

le 26 oct. 2024

Suivre

UN SOMBRE HÉRO ÉCOLO

Bonjour et bienvenue sur ma critique de Milagro, une petit pépite de monsieur Redford mélangeant subtilement les traditions et les racines autour d'un combat communautaire.C'est une pure merveille...

Du même critique

Prey

Prey

3

Boubakar

le 7 août 2022

Suivre

Leave Predator alone !

Au XVIIIe siècle, sur le territoire des Comanches, une jeune indienne, Naru, va devoir faire face à une créature inconnue qui a le pouvoir de disparaitre... Le carton de Predator, le film signé John...

Massacre à la tronçonneuse

Massacre à la tronçonneuse

3

Boubakar

le 18 févr. 2022

Suivre

On tronçonne tout...

(Près de) cinquante ans après les évènements du premier Massacre à la tronçonneuse, des jeunes influenceurs reviennent dans la petite ville du Texas qui est désormais considérée comme fantôme afin de...

Total recall

Total recall

7

Boubakar

le 11 nov. 2012

Suivre

Arnold Strong.

Longtemps attendues, les mémoires de Arnold Schwarzenegger laissent au bout du compte un sentiment mitigé. Sa vie nous est narrée, de son enfance dans un village modeste en Autriche, en passant par...