Il y a des acteurs ou des actrices définitivement associés aux personnages illustres ou historiques qu'ils ont eu à jouer, à entrer dans leur peau. Il en est ainsi d'Anne Bancroft irrémédiablement et définitivement Ann Sullivan, institutrice chargée d'éduquer une jeune enfant aveugle, sourde et muette. Elle aura joué dans des dizaines de films tous excellents avant et après, jamais elle n'aura plus d'implication, de motivation, de foi du charbonnier que dans ce film où on sent qu'elle a tout mis dans le personnage.
Le film d'Arthur Penn réalisé en 1962, en N&B, relatant l'histoire d'Ann Sullivan et Helen Keller, remastérisé plutôt moins que plus, insuffle une énergie et une émotion dont le spectateur reste submergé longtemps après. Persévérer, persévérer pendant de longs mois en milieu hostile ou a minima sceptique des parents et de l'entourage d'Helen Keller force l'admiration. "Je ne l'aime pas et je n'ai pas pitié mais je réussirai à briser le mur qui l'entoure"
Je ne connais pas l'histoire véritable mais je ne serais pas étonné que le film n'exagère en rien ; à cette époque et même jusqu'à une période récente, un enfant présentant les difficultés d'Helen Keller aurait échoué, plus ou moins rapidement suivant le contexte ou la famille, dans un asile. La mission d'Ann Sullivan n'étant qu'une dernière tentative pour se donner bonne conscience, avant la décision de placement de la jeune handicapée en asile.
J'adore la scène - violente - où le mur enfin tombe. On ne peut pas ne pas essuyer une larme tellement la scène est grandiose. Une des choses les plus fortes vues au cinéma. Pour ma part.
Vraiment un très grand film, très signifiant et si plein d'espoir. Une magnifique Ann Bancroft.