Miss sort la même semaine que Adieu les cons. Pas question de les comparer, si ce n'est que l'un est une œuvre d'auteur et l'autre nettement moins, ce qui n'empêche pas éventuellement d'aimer les deux, ou même de les détester pour des raisons différentes. Tout cela pour dire qu'il ne faut pas attendre monts et merveilles du deuxième long-métrage de Ruben Alvès, au postulat plutôt original, dans la réalisation d'un rêve de petit garçon mais à la progression narrative on ne peut plus convenue et prévisible. Justement, le film aurait pu jouer sur son caractère onirique mais il se veut réaliste dans sa fantaisie, ce qui demeure tout de même difficile à avaler malgré l'androgynie stupéfiante d'Alexandre Wetter (superbe en femme mais acteur aux possibilités de jeu un peu limitées). Au-delà des messages de tolérance, d'ouverture aux autres et d'acceptation de soi, Miss prend assez souvent des allures de comédie assez lourde avec l'environnement "familial" de son héros (héroïne), dont le côté baroque et extraverti est poussé jusqu'à la caricature. Quitte à nous parler de la préparation de l'élection de Miss France, le réalisateur aurait pu nous montrer les coulisses et les motivations des candidates, au-delà de son personnage principal et de quelques clichés démagogiques. La question que se poseront certains est : le film fait-il avancer la cause LGBT ? La réponse est assurément non même si l'on comprend bien que son objectif est de toucher le grand public, sans prise de risque majeure. Sur la forme, hormis quelques séquences chorégraphiées assez plaisantes, Miss ressemble un peu trop à un long clip, avec des dialogues soit émaillés de saillies plus ou moins fines, soit de grandes platitudes. Mais au fond, le personnage central nous touche tout de même parce qu'il a le désir de vivre son rêve à fond, qu'importe ce qu'on en pensera et trouvera son équilibre dans son accomplissement. En cela, il est représentatif de chacun d'entre nous, membres de la race humaine. C'est mieux que rien pour un film qui a au moins l'avantage de rester clair dans ses intentions et d'éviter l'ennui.

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le 22 oct. 2020

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