Mister Frost est un psychopathe sans identité, qui a tué 24 personnes enterrées dans son jardin, et dont sa folie va le mener à être interné dans un hôpital psychiatrique, car il dit être le Diable. Mais il ne veut parler qu'à une psychologue sur ses réelles intentions, car elle aussi est comme captivé par cet être au regard pénétrant.
Deuxième, et dernier, film réalisé par Philippe Setbon, Mister Frost montre clairement qu'en dépit de sa bonne volonté, il n'était pas fait pour être derrière la caméra. Car le départ est en soi très intéressant, un homme charismatique en diable (humour), qui se prétend être l'incarnation du grand cornu, avec un regard qui agit tel un serpent se jetant sur sa proie, et il faut dire que Jeff Goldblum en impose dans le rôle-titre, avec ses cheveux longs, et dont le charme agit sans difficulté. Il est à un point qu'il éclipse le reste du casting, aussi improbable qu'il soit, Kathy Baker en psy, Alan Bates en ex-policier dégouté à vie par ce qu'il a vu des exactions passées de Mister Frost, mais surtout des acteurs français comme Daniel Gélin, Jean-Pierre Cassel, Roland Giraud ainsi qu'une petite apparition de Catherine Allégret qui ont l'air de jouer dans un autre film et très mal post-synchronisés. L'autre gros souci est dans la mise en scène, qui ne rend pas du tout compte du charme ténébreux de Mister Frost, dont le mystère restera jusqu'au bout sur sa réelle identité, Diable ou affabulateur, qui rappelle les films sans moyens tournés dans le mitan des années 1980.
Cross avait déjà montré que Philippe Setbon n'était pas doué derrière la caméra, alors qu'il est bon scénariste (Mort un dimanche de pluie), mais là, ça s'est malheureusement confirmé. A tel point que l'échec du film le poussera à se réfugier à la télévision, notamment avec Alain Delon, pour de meilleures réussites.