Après son chef d’œuvre Do the Right Thing, Spike Lee avait gagné une reputation de cineaste polémique, défenseur de la cause des minorités dans son quartier de Bed-Stuy, Brooklyn.
Avec Mo’ Better Blues, fini les revendications, ou si peu, on retourne à son premier film, une histoire d’amour très compliquée avec un héros qui hésite entre plusieurs personnes, sur fond de jazz. Le casting est impressionnant et très performant (même si Denzel Washington n’a jamais autant ressemblé à un benêt), Cynda Williams & Joie Lee en tête. Cependant, les personnages principaux étant d’une idiotie assez incroyable, il est très compliqué de s’attacher à eux. La romance est donc ennuyeuse, mais tout ce qui tourne autour du jazzband est bien plus intéressant, Wesley Snipes & Spike Lee tout particulièrement. La première heure, bien que pas vraiment passionnante, est plutôt bien construite et c’est dans la deuxième heure que le film s’écroule un peu, quand on subit les atermoiements de personnages qui se trompent les uns, les autres. La fin est courue d’avance, mais reste forte.
Mo’ Better Blues est donc un film acceptable, pas désagréable pour un sou, mais clairement en deçà du début de carrière de l’excité aux lunettes rondes.