« A Spike Lee Joint ». Voilà ce qu’on peut lire à chaque début de film de Spike Lee, et ça annonce effectivement la couleur ! L’auteur de l’explosif Do the Right Thing (1989), du tendu Malcolm X (1992) et du très chaud Girl 6 (1996) s’aventure avec Mo Better Blues dans le monde du jazz.
Bleek Gillian pratique la trompette depuis sa plus tendre enfance. A 32 ans, il a formé son propre quintette. Absorbé par sa passion, il manque d’attention envers son entourage. Il finit, notamment, par ne plus gérer sa relation avec Indigo et Clarke, ses deux maîtresses, qui ignorent toutes deux que Bleek joue un double jeu…
Spike Lee signe ici un hommage à la musique afro-américaine en général et au jazz en particulier. On passe d’une tranche de vie à l’autre, d’un personnage à l’autre sans que le fil conducteur soit spécialement tout le temps prégnant, comme si on évoluait d’un couplet à l’autre, d’un refrain à l’autre d’un morceau aux notes improvisées. La photographie aux couleurs chatoyantes (surtout les tons bleus et rouges) vient appuyer le côté old school d’un film décidément passionné par l’époque à laquelle il rend hommage.
(Cette critique est parue dans le mensuel satirique liégeois "Le Poiscaille" en avril 2013) ( www.lepoiscaille.be )