Plusieurs choses à dire sur ce documentaire.
Le traitement des modèles par Wiseman est vraiment intéressant, il y'a tout un processus dans ce qu'il filme qui vise à montrer presque une déshumanisation dans toutes les étapes de leur travail, de l'agence qui ne cesse de s'intéresser à eux sur des critères physiques allant de la taille, jusqu'aux expressions de leur visage dans les dossiers photos, en passant par le poids, jusqu'au travail même lors de tournages et de séances photos où ils ne sont presque que des objets je trouve à la solde du photographe/réalisateur.
Et il faut revenir sur Wiseman lui-même. J'ai eu l'occasion de voir seulement un seul de ses documentaires mais quelque chose m'a marqué. Il y'a une sorte de légèreté qui traîne tout au long du film lié peut être au sujet qui semble au premier abord léger, mais en se plongeant dedans cela devient différent. On a presque l'impression de voir ici un Wiseman moqueur de ce qu'il filme dans la mesure où il fait en sorte que tout semble décalé ou qu'une pointe d'humour s'introduise là dedans. Peut être qu'il subsiste en lui un certain mépris de ce monde qu'il immortalise et qu'il n'apprécie pas. Mais surtout je pense que le plus intéressant sont ces retours incessants à la ville de New York entre les plans où il filme ces modèles. Les quelques instants de ces images de la ville entrain de vivre semblent être un retour à la réalité qui est offert par Wiseman au spectateur, presque un rappel de ce qu'est le monde réel en dehors du monde superficiel des modèles, un monde où l'humain devient objet de consommation.
Je n'oublie pas l'une des scènes finales montrant ces modèles entrain de s'amuser et de rire avant un défilé, Wiseman leur rend l'humanité qui leur a été confisqué par le monde dans lequel elles sont plongées.