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Gens de la lune
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le 8 mars 2011
Cela faisait un moment que Moon me pendait au nez. J'en avais pas mal entendu parler, notamment au moment de la sortie de Warcraft (2016), le film suivant de Duncan Jones (un film imparfait et cruellement jeté avec l'eau du bain, soit dit en passant). "C'est un excellent film" , "petite pépite de SF" et j'en passe. Ceci étant, la hype et moi faisons deux donc j'ai trainé un peu la patte.
Cependant, Moon est toujours resté ancré dans ma tête, comme si une partie de moi mourait vraiment de le voir. Et donc, il aura fallu attendre 2025 pour y faire, en un beau matin de (faux) printemps - j'ai le droit, j'étais alors en vacances. Je m'attendais à un bon moment au mieux, une déception au pire, et ce que j'ai eu, c'étaient...
... des larmes.
Avec un scénario assez détraqué mais stéréotypique de la SF, à savoir un homme seul qui découvre qu'il a été cloné avant d'apprendre qu'il est lui-même un clone victime de la prédation furieusement capitaliste des hommes, Jones propose avec Moon un film qui fait de son faible budget une véritable force, avec un point de vue personnel, limite intimiste, avec un protagoniste livré à lui-même (hahaha) et dont la remise en question est aussi soudaine que forte. C'est d'ailleurs cette économie de moyens qui a poussé le réalisateur à être ingénieux, notamment dans les scènes où apparaissent les deux Sam, afin de souligner son propos - à plusieurs reprises on sent que c'est imparfait, et je suis sûr que des arrêts sur image révèleraient la supercherie de doubleurs dont on cherche à cacher le visage. À ce sujet, Moon ne repose que sur un seul acteur, Sam Rockwell, qui aurait pu faire s'écrouler le film, mais qui convainc avec un jeu pertinent et suffisamment varié pour qu'on puisse croire à l'existence de deux entités si proches et pourtant si différentes.
C'est d'ailleurs là que Moon m'a le plus touché. Ce qui m'a littéralement atteint, c'est au final le récit de deux hommes à qui on a menti sur toute la ligne, y compris leur essence même, et qu'on leur nie littéralement leur droit à être humains. En particulier, quand j'ai vu le "premier" Sam mourir à petit feu, et quand même soutenir son "successeur" dans son entreprise à renverser la vapeur et briser le cycle, c'est là que je me suis mis à pleurer. Être ainsi plongé dans la froideur productiviste et court-termiste alors qu'on était persuadé qu'il fallait travailler dur pour sa femme et sa fille est une forme de détresse émotionnelle que je ne souhaite à personne, personne.
Ce maelström d'émotions est d'autant plus amplifié par la mise en scène de Duncan Jones. Toute en sobriété, avec des effets spéciaux présents mais servant plus à fixer le cadre qu'à vraiment éclater aux yeux du spectateur. Hors de question de verser dans le spectaculaire ou le grand-guignol, Jones filme à échelle humaine, renforçant le côté dramatique, la quête à la recherche de soi-même (hahaha). Ainsi, lorsque Sam effectue une EVA pour s'assurer s'il est réellement isolé (spoiler, non), on voit avant tout un homme en route pour chercher des réponses, pas un rover lunaire avancer dans les plaines désolées. Et qu'on le veuille ou non, même dans des films de SF se prétendant peu ambitieux, ça n'arrive pas tous les jours.
Ma chronique est brouillonne et parle beaucoup de mon auguste (non) personne, mais il faut bien comprendre qu'elle est écrite un peu à chaud, et que même après plusieurs jours je me vois mal repenser au film sans pleurer de nouveau. J'aurais pu m'étendre sur la musique de Clint Mansell, ou plutôt le thème, léger mais poignant bien que sur-utilisé ; ou sur la photographie, parfois trop éblouissante, ou encore le final un peu tarabiscoté mais qui reste fort quand même. Retenons l'essentiel : je n'ai pas regardé Moon, je l'ai ressenti. Le film m'a pris par la main mais non par les sentiments, sans doute la meilleure manière de toucher ces derniers.
Créée
le 5 mars 2025
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