Star Wars Episode 007 : En pire, v’là qu’y craquent

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Je l’avais déjà noté dans ma rétrospective de la saga James Bond, mais c’est particulièrement flagrant ici : les aventures de 007 sont de purs produits de leur temps. J’entends par là que la licence s’appuie sans cesse sur les succès cinématographiques récents pour tenter de renouveler sa proposition. Et à la fin des années 70, le truc du moment c’est un certain Star Wars.


Moonraker va donc y aller à fond en propulsant notre héros dans l’espace, pastichant les batailles spatiales (certes ridicules, mais mieux rythmées que leurs pendants aquatiques de Thunderball) et les pistolets lasers, tout en profitant de l’occasion pour aller chercher un peu de Kubrick pour ses idées de base spatiale. Mais comme Lewis Gilbert est un tâcheron (à ce moment coupable des deux pires épisodes : The Spy Who Loved Me et You Only Live Twice), il ne fait pas la différence entre s’inscrire dans une mouvance culturelle et y aller au burin. On prendra pour l’exemple la référence à Close Encounter of the Third Kind, sorti lui aussi deux ans plus tôt : sur le papier, mettre un code qui reprend les fameuses notes du film de Spielberg, c’est marrant et ça se tient par rapport à la diégèse et à ces scientifiques nerdys qui bossent dans ce labo. Mais le problème vient du fait qu’on la répète trois fois, pour être sûr que le spectateur a bien compris, des fois qu’il serait un peu babache.


Non content d’être lourd dans la citation, Moonraker est également la culmination du grand n’importe quoi. Dépourvu de scénario, se contentant d’une succession de péripéties gaguesques et d’un méchant de Scooby Doo, il est démonstratif d’un total lâchage de rampe. Le personnage de Jaws, issu du film précédent, est l’illustration parfaite de cela. . Le mercenaire menaçant de The Spy Who Loved Me est par contre tourné en grand dadais concon qui se met à danser comme un clown, à se lancer dans une romance sur musique clichée où l’on attend presque le bruit du scratch de vinyle. Ridicule. Moonraker, bien qu’il ne soit pas le premier de la saga, sombre dans l'auto-parodie totale, les Austin Powers et autres OSS 117 n’ayant finalement qu’à se baisser pour ramasser les miettes.


Tout cela ne concerne que les tares propres à cet opus ci, mais il ne faut pas oublier les autres déboires inhérents à la saga jusqu’ici.

La misogynie crasse d’une part, évidemment, qui s’incarne ici par une bimbo nommée Holly Goodhead (aussi exquis que Honey Ryder, Pussy Galore ou Mary Goodnight). Bond n’a d’ailleur jamais d’alchimie avec ses conquêtes, il se contente de les aligner par sa simple présence aux effluves vaseuses puis les néglige ensuite comme un bien consommé qui finit le plus souvent tué sans que celui ci ne s’en émeuve (ici dans une scène de mise à mort par des chiens étrange, filmée comme une parenthèse onirique qui dénote avec le reste du métrage et dont on se demande bien ce qu’elle fout là).

Ce motif récurrent d’un agent incompétent qui s’en sort par pure chance (souvenez-vous de Goldfinger qui se résolut sans aucune action de sa part). Ici il va par exemple manquer de crever parce qu’il veut se la péter dans une centrifugeuse qui n’a absolument rien à voir avec la tambouille. Un sacré branque…


Une fois qu’on a dit tout cela, il reste deux trois trucs qui marchent tout de même dans ce fatras. Une scène d’intro en chute libre très cool malgré les cascadeurs apparents, avec leurs vestes de costumes boursouflées par les parachutes qu’elles planquent ; de jolis plans de Venise et Rio ; le château de Vaux-le-Vicomte transposé en Californie… Et un générique reprenant le thème mythique dans une version disco, parce que pourquoi pas.

Moonraker tend vers les tréfonds de la licence, mais il apporte une bonne nouvelle avec lui : on ne reverra plus Lewis Gilbert aux commandes.

Créée

le 11 juin 2026

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Frakkazak

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