Voilà une grasse comédie anticléricale qui surf maladroitement sur une tendance iconoclaste brillamment initiée à l'écran par Luis Bunuel. En référence sans doute, l'action se déroule dans un village mexicain mais ici, tout est un cran trop lourdement appuyé, comme par exemple cette main miraculeuse qui fait un doigt d'honneur et qui aurait mieux fait de se contenter d’être une simple main. C'est la couche en trop et c'est une manie dans ce film où les miraculés retrouvent la vue, lâchent leurs béquilles mais avec un cul-de-jatte qui voit ses jambes ...repousser. C'est la couche en trop, c'est potache !
Le propos principal est de montrer un curé qui couche, qui boit et qui est amoral parmi des fidèles naïfs, débiles, obsédés du sexe et violents, joyeuse population d'El-nino, face à un Woody Allen pantouflard et criminel comme protagoniste qui se revendique du judaïsme vers la fin du film. Il est boucher et a découpé sa femme en sept morceaux pour qu'elle arrête de le tromper. Le film le laisse échapper à la punition...
Vu le coté lourd et insistant sur la débauche des chrétiens et le statut du seul juif du village, il me semble évident qu'on est dans la pure propagande talmudiste. Le ton général du film est d'ailleurs idiot par condescendance, par conviction que le publique serait plus idiot et manipulable par les bas instincts que ce que cette production pense d'elle-même...
Woody Allen fait du Woody Allen et on peut facilement penser qu'il a pondu lui-même ses dialogues. Il se montre tout du long extrêmement cynique et débonnaire à la fois en évoquant le meurtre et la boucherie à son actif tout en se montrant pantouflard , amical avec son chien qui sert de faire valoir à qui s'adresser pour renseigner les spectateurs sur ses états d’âme.
Bref, hormis un gag ou l'autre pour arracher un sourire, ça actionne les grosses ficelles pour envoyer du bien lourd et bien téléphoné, pour gâcher une idée de comédie originale au potentiel assez étroit.
Les quelques références à Luis Bunuel avec ce village mexicain, un des trois enquêteurs envoyés par le Vatican qui est nommé "Père Bunuel" et la cible qui est l'église catholique, références qui ne font que mettre en évidence la différence de niveau, ce qui fait le génie d'un Bunuel dans "La voie lactée" et relègue Alfonso Arau au rang de bouffon avec ses "Morceaux choisis".