Sang-kill, un policier qui a déjà des heures de vol doit accepter de mauvais gré de faire duo avec Eun-young, une jeune agente de circulation, un peu maladroite, un peu gaffeuse, mais très têtue, qui va devoir faire ses preuves dans un monde d'hommes qui vont la traiter comme un mix de bonniche et de secrétaire. On voit venir le thème, on ne peut plus rebattu, de la bleubite qui finit par s'imposer, surpasser le mentor, etc.
On a tort, car l'intrigue s'oriente vers une histoire de meurtres en série, où le suspect principal est un chien-loup. Et là, on voit venir le film de slasher, où les crocs remplacent la tronçonneuse ou le coupe-coupe. Or la bête s'avère vite être plus à plaindre que ses victimes mafieuses, et le pauvre Jil-Pong fait penser à Batka déchirant Chien Blanc, de Romain Gary :"Il courait à travers la ville et sur son chemin les voitures de police se passaient ce message : « Watch out for a mad dog. » « Attention ! Chien enragé... »"
Morsures est un polar sombre avec des moments burlesques, comme savent si bien faire les Coréens, avec des forces de l'ordre pas plus douées ni plus fûtées que dans Tunnel ou The Host. C'est aussi un conte attristant, un Disney noir, le chant déchirant d'un chien-loup utilisé pour une vengeance humaine.
"J'ai vu des camarades fauchés agoniser à côté de moi, mais lorsque je voudrai me rappeler ce que peut être une expression de désespoir, d'incompréhension et de souffrance, c'est dans ce regard de chien que j'irai le chercher." (Chien blanc, Romain Gary).