“Mountainhead” est le genre de film que tu pourrais démonter en deux minutes si tu t’y mettais. L’histoire est simple, presque une blague étirée jusqu’au long métrage, et elle n’essaie jamais de paraître plus profonde qu’elle ne l’est. Mais le scénario est tellement rapide, tellement tranchant, tellement conscient de l’effet qu’il veut produire, qu’on finit par entrer dans le jeu même si on a déjà vu mille satires sur des milliardaires qui manipulent le monde comme s’il s’agissait d’un jouet.
Ce qui fonctionne le mieux, c’est le ton. Ce mélange permanent de malaise et de rires nerveux. Un humour qui frappe plus qu’il ne sourit, en visant surtout ces “génies” de la tech qui se comportent comme des gamins trop gâtés. Et oui, impossible de ne pas penser à Succession, non seulement pour l’énergie venimeuse, mais aussi pour cette façon de montrer des gens brillants sur le papier et incroyablement dangereux dans la pratique.
L’intrigue en soi n’a rien de révolutionnaire. Elle fait le boulot, elle te garde attentif, mais elle ne dépasse jamais complètement ses propres limites. Par moments, on voit Armstrong construire l’ossature narrative surtout pour soutenir les scènes malicieusement écrites, pas l’inverse. Mais ces scènes fonctionnent : dialogues vifs, humiliations bien placées, et un rythme qui marie légèreté et venin avec beaucoup d’élégance.
Ce que le film réussit vraiment, c’est cette lucidité un peu gênante : la sensation que tout ça n’est peut-être pas si éloigné de la réalité. Même quand c’est évident, il y a quelque chose de juste dans la manière dont il montre ces hommes naviguant dans le chaos avec l’assurance de ceux qui n’ont jamais payé las conséquences. C’est drôle… jusqu’au moment où ça ne l’est plus.
Ce n’est pas un chef-d’œuvre, mais c’est un bon moment : vif, mordant, et porté par un casting qui se régale. Pour ce que ça veut être, c’est réussi.