Mr. Wolff part d’une idée de base extrêmement séduisante, un expert-comptable brillant, autiste de haut niveau, qui travaille en réalité pour les plus grandes organisations criminelles. Rien que le concept suffit à intriguer, et le film sait immédiatement installer une ambiance froide, méthodique et mystérieuse. Côté casting, on est sur du très haut niveau, Ben Affleck, évidemment, mais aussi J.K. Simmons, Jon Bernthal. Un ensemble solide, crédible, et parfaitement choisi pour ce thriller hybride entre polar, film d’action et drame psychologique.
Le vrai problème du film, c’est son rythme. Avec plus de deux heures au compteur, Mr. Wolff est probablement trop long. Il souffre de longueurs évidentes, et surtout de situations et de sous-intrigues étirées artificiellement, là où un montage plus sec aurait rendu l’ensemble bien plus percutant. Certaines scènes explicatives, notamment autour du passé du personnage, sont répétitives et cassent la tension au lieu de la renforcer. Cela dit, impossible de ne pas saluer la performance de Ben Affleck, qui livre ici une prestation remarquable, tout en retenue, en froideur et en précision. Il incarne son personnage avec une justesse impressionnante, et porte le film sur ses épaules avec un charisme tranquille, comme il sait si bien le faire. Au final, Mr. Wolff reste un film imparfait mais captivant, porté par une excellente idée, un casting premium et un acteur principal au sommet de son art, mais plombé par une durée et un rythme qui l’empêchent d’être vraiment mémorable.