Muriel est une jeune fille complexée et un peu ahurie; elle ne répond pas précisément aux modes des années 90 ni aux critères de beauté des demoiselles de Porpoise Spit, station balnéaire australienne. Méprisée, Muriel n'a d'ambition que le mariage, ce pauvre leurre romanesque pour jeune fille à laquelle elle attache naïvement tout le prix de sa terne existence.
Le visage que le réalisateur PJ Hogan donne de l'Australie rurale est celui de l'ennui et de la vulgarité. Chacun des personnages autour de son héroïne témoigne de son incapacité à se détacher de Porpoise Spit et subit l'ironie de l'auteur. Il faudra à Muriel quelques incidents de la vie pour que se profile la maturité, brisant les rêves et les illusions et provoquant peut-être le départ salvateur pour la ville.
La comédie est à ce moment plus amère; on en gardera toutefois le souvenir d'un récit amusant, d'une mise en scène pleine d'esprit et, parmi d'autres, d'une interprète -Toni Colette- étonnante.