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Librement inspiré du cas de John Demjanjuk, ukraino-américain ayant commis des crimes de guerre et contre l'humanité durant la Seconde Guerre mondiale, Music Box est le douzième long-métrage de Costa-Gavras, et le deuxième scénarisé par Joe Eszterhas, après Betrayed, qui, l'anecdote est connue, appris peu de temps après la sortie du film que son propre père avait, lui aussi, commis des crimes de guerre durant la période concernée.
Bien que le film fonctionne, je dois avouer que je préfère me retrouver devant un Betrayed, qui échoue par moment, certes, mais qui tente pas mal de trucs, qu'un Music Box, qui se révèle finalement très classique. C'est un bon film de procès, ni plus ni moins. Il nous accroche bien pour les paroles des témoins, qu'avec la défense d'Ann Talbot (Jessica Lange) qui, en tant qu'avocate, tente en vain de venir en aide à son père, très souvent à coup d'arguments qui ont fait bien moins mouches pour le spectateur que je suis. On relèvera à la limite le fait que la Hongrie, pays malheureusement trop fréquemment oublié, est le lieu concerné par les crimes de guerre ici, et que, authenticité oblige, les scènes concernées ont été tournées à Budapest. Toujours bon à prendre.
Music Box fonctionne néanmoins, car il s'agit d'un pur Costa-Gavras, mais force est de constater qu'on aurait pu avoir quelque chose d'un poil plus original. Peut-être que l'erreur vient du fait de tenter de préserver le mystère autour de la véritable identité du grand-père durant trop longtemps (ce que ne voulait pas faire Costa à la base justement). Car si, d'un côté, cela permet de retrouver plus facilement certains thèmes du réalisateur, comme le fait que les vaincus soient filmés à la place des vainqueurs, ou encore de retrouver son traditionnel thème qu'est l'injustice (ce qui créé ici une ambiguïté fort pertinente), force est de constater qu'on ne sera à aucun moment surpris d'apprendre que notre cher Mike Laszlo (Armin Mueller-Stahl) est bel et bien le monstre dépeint. Reste que le film fonctionne sur un point bien précis : celui de nous attacher à Mike, tenter de le rendre le plus humain possible, l'immersion dans sa famille aidant à cela, alors qu'on se doute très bien qu'un monstre se cache derrière l'homme.
Bref, sans être le meilleur de sa filmographie, Music Box reste un bon film « dossier » made in Costa-Gavras, son (re)visionnage aujourd'hui nous permet cependant de nous rappeler qu'à une certaine époque, les États-Unis mettaient les nazis derrière les barreaux (… ou à la NASA) et non au pouvoir.
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Créée
le 24 avr. 2025
Critique lue 11 fois
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