Erratum pre-scriptum: alors oui, Borat vient du Kazakhstan alors que le film a été tourné au Kurdistan, mais vous voyez ce que je veux dire - flou géographique et mentionner Borat pour attirer l'attention, voilà.

L'histoire se résume très vite: sur fond de bras de fer entre l'autorité des chefs traditionnels de la région et celle du nouveau pouvoir en place, les destins de deux individus épris de liberté vont se croiser. L'une joue du hang (instrument pas si traditionnel que ça, mais qui est matériellement et musicalement super beau, si vous voulez mon avis), l'autre écoute du Elvis et du Bach...Govend, jeune institutrice tentant d'échapper au mariage que les hommes de sa famille prévoit pour elle, et Baran, ancien combattant résistant devenu chef de police (sheriff quoi) qui tente d'échapper à la pression maternelle pour trouver à se marier. Bref, on comprend directement qu'ils vont finir ensemble, d'une manière ou d'une autre - le "on" renvoyant ici aussi bien au spectateur dans la salle qu'à l'habitant du village représenté à l'écran.
(je trouve amusant de remarquer que si, dans ce cadre, ce couple incarne l'émancipation face aux traditions, dans une société comme la nôtre, l'instit' et le flic représentent plutôt le couple "bien sous tout rapport" par excellence. "banal ici, subversif au delà du Bosphore", aurait écrit un jour un théoricien du relativisme des valeurs)

Ce qui m'a marqué dans ce film, ce n'est donc pas tant l'histoire sentimentale (même si elle est jolie) mais disons...quatre autres points. Les voici: (1) l'importance de la musique, (2) les paysages et la lumière, très bien mis en valeur sans toutefois en faire trop, (3) la beauté des deux acteurs principaux (bin oui, c'est bien connu: quand on est un gentil, on est beau - alors que quand on fait partie de la bande des méchants, on est mal peigné et on a le regard torve. Classique), et last but not least (4) le bras de fer stratégique et moral entre deux types d'autorité.

Voilà un beau film qui touche à la fois par son histoire (j'ironisais un peu dans mes parenthèses précédentes, mais bon, au fond je pense que parfois il n'est pas utile d'avoir un scénario tarabiscoté pour représenter des choses essentielles) et par les enjeux qu'il traite. Très élégant mais sans manière superflue, ça touche dans le mille.

BONUS: https://www.youtube.com/watch?v=xVEszje9wtY
tambourinegirl
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le 30 avr. 2014

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tambourinegirl

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