"Natacha ” ou l’histoire d’un vol intérieur avec escales émotionnelles mais sans bagages en soute.

Camille Lou, dans le rôle-titre, fait de son mieux pour insuffler un peu de vie à ce personnage taillé dans le papier bulle : une trentenaire égarée entre son rêve d’envol et ses pantoufles parisiennes. Elle sourit beaucoup – trop peut-être – et pleure avec cette application polie des élèves de cours Florent. Il y a de la sincérité dans son regard, mais hélas, elle reste arrimée à un script qui a visiblement oublié de la faire décoller. Elle en fait des tonnes, mais elle n'est jamais aussi émouvante que les promesses de ses scènes d’ouverture.

Face à elle, Vincent Dedienne incarne Rémi, le pote gay-mais-pas-trop, confident-mais-discret, genre d’ange gardien urbain à mi-chemin entre un psy de quartier et un community manager sous Lexomil. Il a l’élégance du second rôle qui sait qu’il n’aura jamais le volant mais tient fermement le GPS émotionnel. Hélas, ses dialogues sentent parfois la naphtaline du “meilleur ami dans les comédies romantiques” version 2003. Dedienne, bien que charmant et toujours prêt à offrir une réplique percutante, se trouve souvent enfermé dans un rôle trop convenu pour laisser exploser son talent comique.

Mention spéciale à Sofia Essaïdi, ici en collègue trop parfaite pour être honnête, à peine esquissée, comme si le film n’avait pas su quoi faire de sa présence. Dommage : elle avait de quoi électriser les turbulences. Il manque dans son personnage ce petit grain de folie qui pourrait réellement secouer l’histoire.

On croise aussi quelques silhouettes secondaires – une mère envahissante, un ex indécis, un recruteur façon Pôle Emploi du ciel – tous dessinés à gros traits, comme s’ils avaient été écrits entre deux escales. C’est dommage, car chaque personnage, même secondaire, a le potentiel de provoquer des étincelles. Mais ici, on reste sur des promesses non tenues.

Et puis la mise en scène, avec ses couleurs pastels et ses mouvements de caméra prévisibles, s’applique à faire joli, sans jamais oser être audacieuse. C’est propre, comme une hôtesse en uniforme. Trop propre. On aurait aimé un peu plus de turbulence visuelle pour secouer le tout.

Au final ? Une comédie qui veut toucher les étoiles mais oublie d’allumer les moteurs. Les acteurs tentent de sauver les apparences, mais même avec les plus jolis sourires, une carlingue vide reste une carlingue vide.

Le-General
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le 4 avr. 2025

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Le-Général

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