À l'image de Création of the God dont j'avais fait une critique unique pour les deux films, eh bien, pour la critique du jour, ça sera le même cas et, en plus, on parle encore de fantaisie chinoise.
Le sujet du jour, c'est ni plus ni moins que le plus gros succès au box-office mondial de cette année 2025 ; et oui, il est chinois et il s'appelle Ne Zha.
Dans le cadre de ce rattrapage, j'ai donc regardé le premier juste avant ; c'est pour ça que cette critique, bien qu'elle soit celle du 2, je vais aussi parler du premier même si, en soi, c'est une introduction plus qu'autre chose. Le autre chose, justement, c'est le film du jour.Alors, c'est parti : de quoi parle Ne Zha ? Déjà, ce nom est celui du héros et l'histoire débute quand un être mystique se rebelle contre les dieux. Celui-ci est arrêté et transformé en perle qui sont scindées en deux : une perle bleue qui est positive et qui renferme tous les pouvoirs bénéfiques de la créature, et une perle rouge qui est démoniaque, qui renferme tous les pouvoirs diaboliques de la créature.
Les deux perles sont envoyées sur Terre : l'une est pour le troisième fils d'un des gardiens des humains et l'autre doit être donnée pour être sacrifiée.
En effet, la perle rouge a une malédiction : au bout de 3 ans, son porteur sera tué.
Mais voilà, juste avant la naissance du troisième fils, la perle bleue est volée et c'est la perle rouge qui rentre dans le corps de l'enfant ; et le but du premier film est donc de trouver une solution pour empêcher la malédiction de se réaliser 3 ans plus tard.Comme je dis plus haut, ce premier film est une introduction : ça nous présente brièvement l'univers, mais en se concentrant beaucoup plus sur le côté humain de cet univers bien que les dieux soient toujours présents quelque part, mais ils sont plus en fond.
On va suivre la vie de ce jeune Ne Zha, qui est rejeté par les habitants à cause, justement, de son caractère et de ses pouvoirs qui sont en lien avec la perle rouge.
Et je tiens à préciser que, même si pendant le premier film il a entre 1 et 3 ans, ce n'est pas un bébé : il a déjà l'âge d'un jeune enfant d'à peu près 8/10 ans ; et oui, après tout, ça reste un demi-dieu.
En parallèle de ça, il va faire la connaissance d'un jeune garçon qui, lui, vient du fond des océans et qui est un dragon ; et c'est ce jeune garçon-là qui a reçu la perle bleue.
Les deux vont se lier d'amitié et, bien entendu, à la fin vont s'affronter parce que nul ne doit savoir que les dragons sont en possession de la perle bleue.
C'est un film, donc, qui parle de comment dépasser sa nature première : chacun est vu comme un démon par les autres, que ça soit le héros de par sa nature même d'être considéré comme un démon ou le jeune garçon qui est un dragon, qui est lui aussi perçu comme un danger et un démon.
Le film est spectaculaire, le film est très joli et le combat final est plutôt spectaculaire ; et chose assez surprenante, c'est l'humour. Et ce passage, je tiens pour le premier comme le deuxième film : l'humour de cette saga me fait beaucoup penser à l'humour qu'on trouve chez nous en France avec Astérix.
Ça fait un peu bizarre, mais que ça soit par des dialogues un peu méta même s'ils en abusent pas trop, on part juste de situations absurdes : ces deux films, pourtant chinois, ont beaucoup de codes occidentaux.
Ce qui est encore plus étrange, c'est que ce film n'a quasiment pas été distribué en Occident : il est resté majoritairement sur le territoire chinois alors que tout s'y prête, justement, pour qu'il arrive chez nous.
Mais oui, de nombreuses reprises, je me suis surpris à bien rigoler devant le film : il y a un humour bon enfant, un peu cartoonesque, qui passe extrêmement bien.
Et puis, le personnage principal, qui est une espèce de pile électrique qui casse à peu près tout, ce qui me touche et qui ne se rend pas compte de sa force : sacré des situations là aussi vraiment drôles, mais qui n'oublient pas d'être assez dramatiques de par le rejet que ça provoque.
Et ça, c'est le premier film : c'est un film plutôt banal et le combat final, c'est entre le feu et la glace ; bien que la scène soit spectaculaire, on n'est pas sur quelque chose de jamais vu, mais comme souvent avec les Chinois, le début de leur histoire est souvent tranquille. Alors façon, c'est déjà beaucoup plus vénère que tous les trucs qu'on produit en France.
Mais par contre, quand il passe au deuxième film, là, il lâche les chevaux et surtout, quand ça concerne les dieux, il ne se cache pas de vouloir faire du pur divertissement ultra bourrin, ultra spectaculaire.On rentre maintenant dans la partie critique du deuxième film, celle qui nous intéresse. L'histoire commence juste après le premier : une fois que le héros et son ami ont survécu à l'éclair qui devait tuer le héros, leurs âmes sont toujours sur terre, mais leurs corps ont été détruits ; et l'immortel qui est en charge de veiller sur les perles trouve un moyen de remettre leurs âmes dans des corps fabriqués.
Mais voilà, vu que le père du dragon pensait que son fils était mort, il a commencé une attaque de grande ampleur sur le village ; et c'est en attaquant le village qu'il va détruire le nouveau corps de son fils ; et c'est à partir de là que le film va vraiment commencer.
L'enjeu pour le héros est de devenir un immortel en passant l'épreuve du temple YuXu. Ce qui lui permettra de devenir immortel et, surtout, de voir un de ses vœux exaucé : celui-ci sera d'avoir un objet spécial qui pourra permettre de faire revenir son ami avant que son âme soit morte pour de bon.
Dans ce film, on rentre dans une dimension beaucoup plus mythologique : fini les trucs humains, fini les sentiments humains ; maintenant, c'est un passage initiatique vers le divin.
Ce film présente donc à peu près tous les clans de dieux qui sont présents dans cet univers : ils sont appelés sectes (en tout cas, dans la version que moi j'ai trouvée, c'était traduit comme ça).
Et le chef de YuXu est donc l'un de ces grands chefs, l'un de ces grands immortels qui dirige un clan de chasseurs de démons ; et on va apprendre dans le film qu'il y a une guerre future qui approche, une guerre entre dieux. On n'en sait pas plus que ça pour l'instant et, pour se préparer à ça, ce personnage prépare des sortes de petites pilules pour renforcer la puissance de ceux qui les mangent.
On apprendra que, finalement, c'est le méchant de ce film car chacune de ces petites pilules est fabriquée en sacrifiant des vies : celles de ceux qu'ils appellent démons, mais qui en soi sont juste des êtres inférieurs ; et dans ce film, sa cible, ce sont les dragons, donc le père et la famille du deuxième héros, celui à la perle bleue.
On avait un tout petit peu ce côté dragon dans le 1 ; ici, dans le 2, on a une guerre rangée entre, d'un côté, des dieux et des chasseurs de démons un petit peu à l'air angélique et, de l'autre, nos deux héros avec, comme armée, des dragons et des créatures des abysses (et oui, les dragons sont un clan maudit qui doivent à jamais retenir prisonniers les créatures des abysses : c'est pour cela qu'ils sont dans l'océan).
Si le premier film était assez proche d'un Astérix, ce deuxième film, bien qu'il en conserve l'humour, se rapproche beaucoup plus d'un Dragon Ball Z ou, pour ceux qui ont connu, le jeu vidéo Asura's Wrath.
Et oui, là, c'est plus des petits combats entre deux êtres demi-démoniaques : non, là, c'est des batailles rangées avec plusieurs milliers d'individus et des dieux qui se foutent sur la gueule.
Des bâtiments de plusieurs kilomètres de haut qui sont détruits.
Un océan qui sait s'ouvrir sur plusieurs kilomètres de long, lui aussi.
Il y a de la tragédie, il y a de l'héroïsme, il y a du spectaculaire à plus savoir où te foutre ; et le pire, c'est que c'est une montée crescendo : c'est que, vers la moitié du film qui dure à peu près 2 h 20, tu as déjà un combat contre un démon qui utilise le pouvoir de la foudre ; et rien que ce combat-là est déjà une petite claque en termes de chorégraphie, et là, on a eu une petite vibe Kung Fu Panda.
Puis après, tu as le héros qui, pensant que le clan des dragons a tué sa famille, va aller affronter le père de son ami ; et là, on a carrément un combat effectivement très proche de Dragon Ball Z : là, tu te dis « ok, c'est déjà la fin du film, c'est le climax » ; tu regardes le chrono sur le film, on en est qu'à 1 h 30.
Ça veut dire que les mecs, ils ont envoyé déjà un combat titanesque alors qu'il reste encore une heure de film : je vous laisse imaginer la dinguerie monumentale qu'ils te balancent pendant la dernière heure.
Là, c'est nos deux héros en forme maximale qui vont juste affronter l'un des 12 plus grands dieux de la terre, lui et toute son armée, plus trois dragons qui ont tous des pouvoirs différents, dont une qui est de créer des portails un peu à la Portal.
Que ce soit en termes de dimension de combat, en termes d'ampleur, en termes de chorégraphie, le combat final est une hallucinante scène d'action comme on en voit rarement : il y a une idée à la seconde.
C'est pas juste que les mecs s'envoient des patates qui les font traverser la terre : non, même pas ; c'est que les mecs, ils te font des chorégraphies de films d'arts martiaux chinois avec des dieux. À un moment, il y a deux personnages qui ont les mains entravées qui se battent avec une lance qui a un pouvoir de feu en se battant avec, en utilisant leurs jambes.
Le combat avec la dragonne qui ouvre des portails, c'est juste hallucinant, là aussi.
Et en plus de ça, en plus d'être tout ça, en plus par rapport au premier film, ce film se paye le luxe d'être plus intelligent, plus malin, mieux écrit et émotionnellement beaucoup plus fort.
Le premier, si je devais donner une note, ça serait un bon 7,5 : c'est un très bon passe-temps, mais ça reste un film d'action d'animation qu'on peut voir partout en Occident.
Le 2, c'est tout poussé au max dans tous les domaines ; et le pire, c'est que, comme Création of the God, il va y avoir une suite et on sait déjà que ça va être une guerre de dieux puisque elle s'est déjà teasée.
C'est pour ça, d'ailleurs, que le méchant de ce film-là agit comme ça : pour essayer de protéger le maximum de personnes contre la guerre à venir, quitte à sacrifier beaucoup de vies.
Et comme dit plus haut, même l'aspect émotionnel n'est pas en reste : dans le premier film, l'importance des parents était déjà très forte car ceux-ci voulaient même se sacrifier pour sauver leur fils ; et bien, dans ce deuxième film, il perd sa mère à la fin et, pareil, il se sacrifie pour sauver leur fils.
La scène est magnifique : tu es vraiment touché, pour le coup, car on est presque à 4 h 30 de film maintenant combinées ; on sait ce que les parents ont traversé pour sauver leur enfant et donc, voir un de ces deux parents, l'amour est... ouais, ça touche.
Et la cerise sur le gâteau, c'est que, en plus, techniquement, le 2 est largement plus beau que le premier qui était déjà pas moche.
Non, vraiment, j'ai quasiment aucun défaut à reprocher à ce film ; peut-être qu'il met du temps à se mettre en place et on comprend pas trop l'intérêt des épreuves que passe le héros au début.
Mais comme je vous ai dit, au bout de 1 h 30 de film, tu as déjà une baston dantesque et il reste une heure encore.
Le climax, il fait une heure sans jamais être répétitif.
Et comme j'ai dit plus haut, ce film-là est le film qui a rapporté le plus au monde cette année : c'est le film à 2 milliards.
J'avais déjà évoqué ce point-là dans ma critique de Création of the God.
Mais comment nier le fait que la Chine devient une puissance dans le domaine du cinéma qui n'est plus du tout à négliger : les mecs, ils t'ont fait un film qui a rapporté 2 milliards de dollars et le film est quasiment même pas sorti de Chine ; en Amérique ou en Occident, il a eu des sorties très discrètes, assez pour avoir des versions sous-titrées comme moi j'ai regardé, mais sans plus.
Alors que les mecs, ils t'offrent un spectacle monstrueux et de bonnes histoires : c'est pas ultra transcendant, certes, mais c'est carrément du calibre des films d'animation qu'on regarde nous, qui viennent de chez Disney, de chez Pixar ou de chez DreamWorks ; sauf que eux, ils mettent la dimension épique en avant et ils n'ont pas peur de faire dans le mystique, dans le divin.
Encore une fois, c'est bête à dire, mais c'est juste du divertissement populaire universel : ça parle de la famille avant tout et de comment devenir quelqu'un de meilleur malgré nos origines, malgré le fait qu'on nous voit comme mauvais.
C'est des films qui parlent à tout le monde : tu as pas besoin d'être chinois pour comprendre ça ; et le pire, c'est que le méchant de ce film est le seul méchant qui, pour moi, est assez proche de l'idéologie communiste.
Le seul personnage qui œuvre pour le bien de tous, pour que tout le monde soit à égalité en quelque sorte, et bien, c'est le méchant du film (le 2, je parle).
Alors que nos deux héros, eux, sont des personnages qui symbolisent l'individualisme : autant dire que, dans la Chine communiste, je sais même pas comment ce film a pu passer les autorités ou alors, ils sont juste aveugles au message et, à partir du moment où c'est chinois, bah, c'est bien, quoi.
Je pense que cette année va vraiment marquer un tournant dans l'industrie du cinéma : plus personne ne pourra nier l'existence du cinéma chinois.
Alors, ça reste confidentiel et le film sera certainement pas aux Oscars sauf une manipulation style RRR.
Mais quand on regardera, au final, les gains au box-office, et bien, tout le monde pourra voir un film du nom de Ne Zha 2.
Et rien que ça, ça va déjà changer beaucoup de choses car, si le 3, en plus d'avoir un succès similaire dans son pays natal, parvient à sortir de ses frontières de façon moins confidentielle, on pourra peut-être avoir le tout premier film qui dépasse les 3 milliards au box-office mondial.
Pour finir, bien entendu, je vous conseille les deux films : quand je vous dis plus haut, le premier, ne vous attendez pas à une grande dinguerie ; c'est bien, mais ça va pas vous mettre sur le cul ; le 2, par contre, lui, il va vous coucher directement.
Et vous pouvez regarder ça avec vos enfants : c'est très enfantin, c'est très gentil, c'est très drôle et vos enfants vont sortir de ça avec des étoiles dans les yeux, surtout si, comme moi, ils aiment les dragons parce que oui, en plus, il y a des dragons.
Donc, juste, foncez et tentez de voir ces films-là : je sais qu'ils ne sont pas simples à voir ; au pire, si vous voulez des liens, envoyez-moi un MP et je vous arrange ça.
Merci d'avoir lu !