Si Stuart Gordon s'est fait le réalisateur officiel des adaptations de H.P. Lovecraft, son partenaire sur Re-Animator et From Beyond, Brian Yuzna, n'est pas en reste. Necronomicon est donc un film à sketches adaptant (très librement : On est plus sur de l'histoire originale « inspirée de ») trois nouvelles de Lovecraft, le tout lié par une quatrième histoire ayant pour héros l'écrivain lui-même.
Ma préférence irait au premier segment, premiers pas derrière la caméra de Christophe Gans, et qui, au-delà de son sujet, tend aussi esthétiquement vers le cinéma gothique. Les décors, l'atmosphère, l'éclairage, évoquent directement les adaptations d'Edgar Allan Poe par Roger Corman, ou les films d'Antonio Margheriti ou de Mario Bava. Du coup, les SFX perfectibles et les maquettes un peu trop visibles passent mieux. Et le final en mode film de monstre est bien sympa.
Le segment de Shusuke Kaneko est un peu plus faible techniquement, mais à pour lui un final gore bien sympathique, tandis que celui de Yuzna, le plus ambitieux en terme de décors et d'effets, est à ce niveau un vrai festival. C'est perfectible, toujours, par instant limite raté, mais on ne peut lui enlever une générosité certaine à ce niveau, et un côté hargneux, malpoli, qui fait plaisir aussi.
Bref, si l'ensemble évoque plus souvent Les Contes de la Crypte qu'un métrage haut de gamme, ça reste tout à fait regardable, et ça bénéficie en plus de quelques tronches « bonus sympathie » au casting : Jeffrey Combs en Lovecraft (qui a, du fait de son maquillage, de faux airs de Bruce Campbell...), Richard Lynch, David Warner...