Night Call, c'est un concentré de ce qu'il faut faire pour obtenir un bon film.
L'histoire est simple: Lou, un paumé ayant un phrasé en total décalage avec son style de vie découvre au travers d'un pigiste rencontré par hasard lors d'un accident, le monde de l'audiovisuel informatif et sa course journalière à l'audimat. Lou apprend vite comme il ne cesse de le répéter et va d'ailleurs rapidement s'imposer comme le meilleur quitte à briser certaines, encouragé par une directrice de l'actualité arriviste sur la scellette de sa chaîne.
Les images sont superbes, on plonge dans un univers sombre, froid et inhumain ou les images ne sont qu'un moyen comme un autre de choquer en vue de faire de l'argent.
Jake Gyllenhaal qui interpréte Lou est magistral. Presque méconnaissable. Son regard est fixe, sans émotion. On jurerait que son physique a inspiré celui de Joaquin Phoenix pour son rôle du Joker.
D'aucun dira que ce monde dans lequel il s'investit corps et âme l'a rapidement deshumanisé mais il n'en est rien. Lou est depuis toujours déshumanisé et ce métier dans lequel il excelle lui sert de tremplin dont le but est la création de sa société et le contrôle total de sa vie ainsi que de celle des autres. La fin justifie les moyens. Tout est bon pour réussir. Tout est bon pour parvenir à ses fins. Mensonge, chantage, meurtre. Qu'importe ! Seul les images comptent pour Lou. Les autres ne représentent rien. Il est consciencieux, méticuleux, professionnel et dénué de toute forme d'empathie. La définition même du sociopathe et c'est pour cela que Lou nous terrorise autant qu'il nous fascine durant ce film qui vous paraitra trop court.
Si je devais émettre une critique, j'aurais aimé que le dernier plan du film s'arrête sur le regard de Lou lorsqu'il prononce son excellente phrase de fin plutôt que sur les camions qui démarrent et s'éloignent afin de nous glacer le sang encore davantage en écoutant ce gentil garçon que l'on n'espère ne jamais croiser.