Il est des moments de grâce : quand un film vous fait oublier avant la fin de sa première minute que l'on est dans une salle de cinéma pour vous saisir à ce point et qu'il vous habite aussi longtemps après son visionnage, c'est un signe qui ne trompe pas.
"Nino" nous prend pour ne plus nous lâcher, mais avec douceur et tact, une écriture aussi maîtrisée dans la subtilité, une mise en scène tellement assurée dans la retenue, la justesse de ton, tout cet ensemble assez unique confère une atmosphère envoutante à ce long métrage très réussi.
Et bien sûr, l'interprétation magnétique de Théodore Pellerin, sublime de simplicité et de vérité touche à chaque instant, à chaque plan et bouleverse.
Les "petits" rôles de Jeanne Balibar ou de Mathieu Amalric forment les nombreuses petites touches, chacune indispensable, à ce tableau impressionniste éprouvant "au sens où il fait éprouver des choses" pour voler quelques mots de dialogues de l'un des personnages.
Alors que le sujet est rude, son approche se révèle puissante et vibrante, habitée. Les rapports avec le corps médical s'avèrent parfaitement justes.
De la sobriété naît l'élégance et de l'élegance naît le charme incomparable de ce film tellement attachant qui nous habitera longtemps, comme la démarche de grand albatros de Nino dans ses pérégrinations qui étincellent d'humanité.