Recevoir un diagnostic de maladie grave et des lourds traitements à venir équivaut à une phase de deuil, avec ses différentes phases à traverser. Agnès Varda suivait Cléo de 5 à 7, Pauline Loquès accorde trois jours à Nino, moments particuliers de flottement et d'absurde. Après, il y a des chances de mourir, comme l'exprime spontanément ce dernier. Ou pas. Linéaire et littéralement scotché à son personnage principal, le film fait ressentir avec une certaine grâce une large palette de sentiments : l'hébétude, la solitude, le déni. Mais aussi la chaleur inattendue de proches ou d'étrangers. Les dialogues n'ont rien de littéraire, proches de la vraie vie et la réalisatrice ne déroge jamais au naturalisme, aboutissant à l'expression presque indicible de l'insoutenable légèreté de l'être, où passent de temps à autre des instants insolites, tendres et amusants. Mais c'est sans intellectualiser et encore moins philosopher que le film impose sa petite musique, portée par un interprète tout en subtilité, Théodore Pellerin. Même les nombreux seconds rôles, qui sont parfois joués par des "vedettes" pas nécessairement indispensables (Lebghil, Amalric, Balibar), apportent une petite touche d'humanité et d'empathie simple et réconfortante.