Nino, c'est d'abord une voix atypique, on l'entend avant même de le voir. Voix qui deviendra l'un des enjeux du film, alors qu'il apprend brutalement qu'il souffre d'un cancer de la gorge, et qu'il se demande si elle a changé. et puis c'est le physique émacié, un peu asymétrique, le regard doux, de l'acteur canadien Théodore Pellerin. Nino, c'est lui, le personnage comme le film, qu'il porte d'un bout à l'autre par sa belle prestation.
Déambulation douce-amère dans Paris, Nino est un film touchant. Car le film porte en lui une tendresse qui le sublime, en trouvant souvent une justesse de ton qui naît autant du coeur que de l'écriture. S'ouvrant sur un malentendu, c'est grâce à un ton de léger décalage que Nino évite le piège du pathos exacerbé, malgré le visage triste de son héros confronté à la mort, et se révèle un beau film, dont la retenue est la preuve d'une vraie délicatesse, ce qui n'est pas toujours le cas.