Un John Wick like qui se prend beaucoup moins au sérieux que son modèle, qui ne cherche pas non plus à prendre en otage le spectateur trop longtemps, avec un lore plus ou moins débile ou un surplus d'explication, quitte à avoir un scénario trop téléphoné — avec cette scène du bus où il fallait forcément qu'il tombe sur le petit frère du Russe. Bob Odenkirk est parfait dans ce rôle à contre-emploi, tout comme pour John Wick, on retrouve ce personnage qui s'était rangé jusque-là. Connie Nielsen comme femme du personnage principal, beaucoup moins : le long nous faisant comprendre qu'elle connait sa carrière passée, mais n'exploitant à aucun moment cette information. Rien à dire sur Alexeï Serebriakov, le grand méchant russe caricatural, ceci dit : il en fait des caisses et c'est ce qu'on demande dans ce genre de film.

Malheureusement, niveau action, mis à part la scène du bus, celle dont tout le monde a entendu parler, j'ai trouvé le reste plutôt décevant, pas forcément bien mis en scène : il y a un gros problème de spatialisation dans la séquence de défense de maison — sans blague, on dirait qu'elle fait 200 m² — ; et celle de fin, en plus d'assez mal exploiter le lieu, l'usine, où elle se déroule, ralenti inutilement son montage avec l'arrivée, comme un cheveu sur la soupe, de Harry (RZA) et David (Christopher Lloyd), respectivement le « frère » et le père du héros, qui ne font rien d'autre que de casser le rythme… et de donner l'impression de tourner dans un film différent chacun.

Bref, un sous John Wick en terme d'action, mais aussi sur le plan visuel : sans être moche, c'est quand même filmé très platement et les décors que l'on retrouve sont sommes toutes très classiques. L'intro à la Edgar Wright annonçait du lourd pourtant… finalement, c'est pour se taper un film qui n'exploite pas nombre de ses composantes — dur de se dire ça quand on sait que c'est le réal' de Hardcore Henry derrière —, avec de la musique de crooner par-dessus. Tout cela aurait tendance à me faire dire, en somme, que même en termes de fun, que ce Nobody est bien plus sage qu'il n'y parait. Je m'attendais à un film à l'image de son héros, faible en apparence, musclé dans le fond, mais Nobody est faible tout simplement.

MacCAM

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