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le 2 juin 2021
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La question du cliché est finalement plus complexe qu’il n’y paraît. C’est certes l’argument idéal pour démonter une œuvre, dans la mesure où l’on peut aisément démontrer que tout ce qui nous est...
Hutch Mansell est un père de famille sans histoires. Comme tant d’autres dans les suburbs américaines, il mène cette vie abrutissante métro-boulot-dodo qui lui apporte bien peu de joie, pour une petite famille qui fait à peine attention à lui. Mais un cambriolage (peu mémorable d’ailleurs) va éveiller quelque chose en lui, une audace et une bravoure inédites… Mais quand notre papounet lambda du tertiaire, au cours d’une aure mauvaise rencontre, se transforme soudain en machine à tuer façon John Wick capable d’encaisser les balles et de briser les os comme d’autres brisent les touillettes de leur café, on se doute bien que cet homme n’a pas dévoilé sur son CV… Les dès sont désormais jetés : ça se jouera entre lui et Yulian Kuznetsov, un des pires mafieux russes qui soient…
Ma comparaison avec John Wick ne doit rien au hasard : le scénariste Derek Kolstad est celui qui a bossé sur la tétralogie. On retrouve donc des points communs entre elle et Nobody : un goût des chorégraphies frénétiques (mais minutieusement orchestrées) mêlant corps à corps et armes à feu avec un body count qui crève le plafond ainsi qu’une attention toute particulière portée à l’ambiance et au décor. Nobody donne clairement plus dans l’humour, avec des acteurs qui se lâchent davantage : Serebriakov est jubilatoire dans son personnage, mélange improbable entre une vedette de la tournée Stars 80, un parrain du crime et un bon gros psychopathe des familles. Acteurs (et réalisateur !) russes obligent, on a un rare exemple de film bourrin américain avec des méchants à chapka crédibles, et même quelques chansons russes qui viennent enrichir l’excellente BO aux accents rock, funk et soul, alternant entre Pat Benattar et Louis Armstrong.
Le grand méchant hyperpuissant qui se frotte par mégarde à un berserker quasi surhumain capable de déboulonner une armée à lui tout seul, c’est un topos aussi vieux que le cinéma d’action, et osons le dire, Naishuller ne réinvente pas l’eau chaude. Il livre simplement un film de tatanes bien fait et bien rythmé, avec de beaux moments de castagne mais aussi des moments plus posés permettant d’apprécier encore mieux l’action. Quand on voit cette sorte de talent dans la simplicité et dans l’exécution, on pense aux Chuck Norris ou aux Jet Li de la grande époque. On se dit que finalement, ça tient à pas grand-chose, un bon film d’action : de la nervosité, de la conviction, des personnages accrocheurs ((ah, faut pas non plus oublier le vieux Mansell à la fin du film !)), des décors à propos…
C’est un genre « divertissant », comme la comédie ; un genre un peu relégué au second plan, voire méprisé (là encore, comme la comédie), et pourtant… il faut du talent pour faire rire, tout comme il faut du talent pour transformer une fusillade ou une baston en moments épiques, et pas juste en boucheries un peu dégueulasse. Cette bonne surprise de 2021 est là pour nous le rappeler.
Créée
le 3 août 2026
Critique lue 4 fois
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