Noé raconte l’histoire de Noé, l’homme choisi par le Créateur pour sauver ce qu’il reste de l’humanité et de la création.
Le mot « Dieu » n’est d’ailleurs jamais prononcé : on parle uniquement du « Créateur », entité distante et silencieuse. Ce parti pris donne une dimension plus mystique que religieuse au récit. Le film se distingue aussi par certaines idées visuelles intéressantes, notamment la représentation très personnalisée des anges déchus, transformés en créatures de pierre. Un choix audacieux qui intrigue au départ.
Mais passé ces intentions, la mise en scène reste assez lourde et parfois simpliste. Le film prend beaucoup de libertés avec le récit biblique, ce qui pourrait être une force, mais l’interprétation manque de finesse. Là où l’histoire du Déluge porte habituellement un message d’espoir et de renouveau, le film choisit une voie plus sombre : le Créateur semble avoir abandonné l’humanité, presque devenu une figure froide et destructrice.
Dans sa seconde partie, Noé lui-même bascule vers une forme de fanatisme, au point de devenir l’ombre de ce qu’il était. Une idée intéressante sur le papier, mais qui finit par contredire le symbole même qu’il est censé incarner.
Au final, le film reste assez moyen, autant dans sa construction que dans la direction d’acteurs. On sent les ambitions, mais l’ensemble manque de subtilité.
Darren Aronofsky livrera plus tard un film bien plus maîtrisé avec Mother!, où la métaphore biblique est bien plus fine et radicale. Ici, tout paraît plus appuyé, presque brutal.