Je peux tout à fait comprendre que le film paraisse un peu forcé et larmoyant pour certains, notamment à cause de la partition musicale d'Einaudi. Mais le fait est que l'œuvre touche trop de cordes sensibles chez moi pour ne pas complètement m'emporter.
Un besoin de liberté, d'émancipation et d'indépendance, le sentiment d'être souvent à côté de la société, mentalement et physiquement, ou encore ce rapport insoluble au passé, aux souvenirs et aux amours révolus.
Plus globalement, je crois que je suis beaucoup trop sensible aux longs-métrages dépeignant simplement des chemins humains qui se croisent, leurs interactions, et le dévoilement à cœur ouvert de leur intimité (d'où mon attachement au cinéma de Linklater par exemple).
Et en plus d'être une très grande metteuse en scène, qui excelle dans la captation douce-amère de ces paysages immenses, Chloé Zhao nous prouve qu'elle est avant tout une formidable directrice de comédiens. Tout le casting est brillant de justesse, et on retiendra évidemment le magnétisme génial de Frances McDormand, qui ne déçoit décidément jamais.
J'ai d'ailleurs ressenti beaucoup de lien avec The Florida Project (de Sean Baker), dans cette faculté à magnifier ces populations laissées-pour-compte, en transformant l'apparente singularité en une vraie poésie. Difficile de ne pas être désarmé par une telle délicatesse, à la fois visuelle et narrative (autant vous dire que les larmes ont sérieusement coulé).
Bref, pas sûr d'être très objectif sur celui-ci. Peut-être que le film était simplement là au bon endroit, au bon moment. Mais ce fut une sacrée expérience à titre personnel...
8,5/10
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