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le 27 mai 2026
SuivreUne petite ville tranquille
Nommé temporairement après le décès du précédent shérif, Ulysses prend ses fonctions à la tête des forces de l'ordre de Normal, une petite ville du Minnesota où la criminalité se résume à des...
Un shérif remplaçant arrive dans une petite ville du Minnesota qui s'appelle Normal. Au commissariat, il remarque un arsenal bien trop fourni pour une ville aussi tranquille. Il le note. Puis il passe à autre chose.
Ce détail dit presque tout du film. Ulysses, joué par Bob Odenkirk, vit selon une règle : la vie est plus simple quand on s'en soucie un peu moins. Alors quand deux braqueurs fauchés s'en prennent à la banque, et que ses propres adjoints lui tirent dessus, il découvre ce que cache le coffre : l'argent des yakuzas. Et ce que cache la ville : le maire explique que des villes comme la leur meurent à petit feu, et que les yakuzas leur ont fait une offre. Toute une communauté a choisi de ne pas regarder.
Voilà ce que Normal montre : un homme seul contre une ville entière. C'est aussi ce que retiennent plusieurs critiques : un gag unique étendu à tout un bourg, des habitants réduits à des corps qui tombent dans la neige. Mais ce n'est pas tout à fait le sujet.
Car les auteurs disent vouloir raconter ce que des gens sont prêts à faire pour survivre, jusqu'au moment où ils se demandent s'ils sont les méchants. Or, dans le film, ce moment n'arrive pas comme une prise de conscience. Il arrive comme un rapport de force. Ulysses fait placer des explosifs dans la chambre forte et s'en sert pour imposer un accord aux survivants. Ils acceptent un cessez-le-feu, non par remords, mais pour piéger les yakuzas, et ils dînent ensemble. À la fin, les habitants semblent accepter la suite sans histoire, et Ulysses repart faire le shérif remplaçant ailleurs.
C'est là que le coffre devient l'objet qui porte tout. Ce que la ville cachait devient ce qui sert à négocier. Ce qui arrête la tuerie, ce n'est pas la conscience. C'est le coffre.
Côté mise en scène, Wheatley tourne sur pellicule, avec du grain, un néo-western enneigé, et peuple la ville de visages ordinaires, ce qui banalise la complicité. Mais aucune source lue ne décrit un moment où le film s'arrête sur ce que ces gens ont accepté.
Une précision : cette lecture s'appuie sur des synthèses croisées de critiques et d'entretiens, pas sur un visionnage direct.
Alors, un film qui désigne toute une ville comme complice peut-il vraiment la solder avec un coffre piégé ?
Créée
le 10 oct. 2026
Critique lue 55 fois
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