Alors que ce bon vieux Mad Max s'apprête à faire peau neuve, pourquoi ne pas jeter un oeil vers sa patrie natale ? Vu le peu de notes qu'il récolte ici, je me dis que ce doc jouissif a su se faire discret, et c'est bien dommage.
Pourtant, la discrétion, c'est pas son truc. Fouillant les archives de l'Ozploitation (ou cinéma d'exploitation australien), Not Quite Hollywood le secoue par les deux bouts pour en extraire l'état d'esprit. Les anecdotes fusent à 200 à l'heure, les intervenants aussi, le tout bien secoué par une tonne d'extraits déments. Espace de liberté qui a évidemment rendu dingue Quentin Tarantino (ici parrain du projet), l'Ozploitation comptes parmi ces cinématographies cintrées en forme de puits à fantasmes. Donnant la parole à des critiques scandalisés comme à des fans de la première heure, Mark Hartley se donne à fond pour son sujet. D'un bout à l'autre, on se sent transporté dans une autre époque et dans un autre monde, l'Ozploitation ayant fait basculer le cinéma australien des 70's dans une dimension parallèle faite de sales trognes et d'inventivité rugueuse.
Si de vrais succès sont bien entendu de la partie (dont le Razorback de Russel Mulcahy), le doc s'attache surtout à mettre en lumière des films oubliés. Et Not Quite Hollywood n'a pas peur de son sujet : nudies, comédies grasses, horreur, fantastique... Les genres qui ont eu la chance d'être produits dans cette brèche puis d'étaler leurs visions sur la toile voient leurs rejetons scrutés, analysés et présentés avec passion. Du coup, on se retrouve à jubiler devant les oeuvres que le doc laisse entrevoir, ce teasing assumé s'accompagnant d'une structure à la fois rigoureuse (car segmentée en plusieurs thématiques) et génialement foutraque (il suffit de mater le générique d'ouverture pour saisir la bonne humeur qui anime le projet).
A la hauteur de sa géniale affiche car monté comme une bande-annonce au rythme éreintant, Not Quite Hollywood déploie une énergie si communicative qu'il donne envie d'aller déterrer toutes les péloches qui s'y donnent la réplique. Quel plaisir, bon sang !