La petite Estonie a beau produire à peine 8 films par an en moyenne, son cinéma est assez souvent passionnant et sortant des sentiers battus (Klass, Crosswind, par exemple). November est adapté d'un splendide roman du génial Andrus Kivirähk (Les groseilles de novembre). Le livre raconte une Estonie d'un autre temps où règnent le paganisme, la magie et le paranormal. Autant d'ingrédients que l'on retrouve dans le film de Rainer Sarnet mais qui déconcertent quelque peu car sans mode d'emploi du folklore traditionnel du pays. Ainsi les kratts, créatures composées de foin et de métal qui servent de bonnes à tout faire dans le village et qui sont obtenus en signant un pacte avec le diable (qui est grugé car le jus de groseille remplace le sang). L'humour noir du roman est moins présent dans le film qui en revanche installe une atmosphère fascinante avec son noir et blanc somptueux et sa mise en scène qui rappelle tour à tour Tarkovski, Bergman et Lynch. Dommage que la narration, hormis une histoire d'amour follement romantique, soit autant opaque.