Prayer for the Stolen raconte la vie d’Ana, une enfant vivant dans la campagne mexicaine, où son village subit la répression constante du cartel. Dès le début, une mère construit une cachette pour protéger sa fille : un geste simple qui résume toute la peur et la précarité de leur quotidien. Le film suit Ana de l’enfance à l’adolescence, entre curiosité et survie.
On aperçoit un garçon travaillant à la mine, un passage intéressant mais peu développé. On devine que la réalisatrice voulait simplement rappeler où sont passés les hommes du village, presque absents du récit — une idée forte mais frustrante, car elle aurait mérité d’être creusée.
Huezo montre plusieurs formes de répression : des enlèvements, l’empoisonnement des terres, la peur constante à l’approche des SUV. Elle aborde aussi discrètement la découverte du corps et de la féminité, dans un environnement où être une fille devient un risque.
Les décors sont superbes et contribuent à la tension : les maisons délabrées, la terre sèche, tout respire la pauvreté et la fatigue, mais aussi la dignité. Les acteurs jouent juste, surtout la mère, prête à tout pour protéger sa fille, et Ana, pleine de curiosité malgré la peur.
C’est un film dur mais nécessaire, qui montre sans artifice la fragilité de la vie sous la violence, et la force silencieuse de celles qui la subissent.